Yémen : début des pourparlers de paix en Suède sous l’égide de l’ONU

6 décembre 2018

Les belligérants au Yémen, le gouvernement d'un côté et les rebelles houthis de l'autre, ont entamé jeudi des négociations à Stockholm sous l'égide de l’envoyé de l’ONU pour ce pays afin de trouver une sortie à la crise politique et militaire qui touche le Yémen depuis trois ans.

« La reprise aujourd’hui d’un processus politique, après deux ans et demi sans convocation d’un processus politique formel, entre les deux délégations constitue une étape importante », a déclaré Martin Griffiths, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, dans la capitale suédoise en présence des parties concernées.

Pour le diplomate onusien, la rencontre en Suède entre le gouvernement yéménite et les rebelles houthis est la preuve que ces derniers sont prêts à se réunir « au nom d'une solution politique pacifique au conflit ».

Au cours des dernières semaines, les deux parties ont lancé des appels en faveur d'une désescalade de la violence. « Ceci est évidemment important comme toile de fond des discussions que nous aurons ici », a souligné M. Griffiths. Samedi dernier, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, avait alerté sur la détérioration alarmante de la situation au Yémen.

« Une telle réduction de la violence et la retenue sur le champ de bataille ont un impact significatif sur la vie des Yéménites, et envoient également le message à la population que nous sommes ici avec la ferme intention de rechercher une solution politique », a dit l’Envoyé spécial.

A Stockholm, M. Griffiths a annoncé la signature d'un accord sur l'échange de détenus, un acte « d’une importance capitale pour des milliers de familles ».

L’envoyé onusien reconnait que « la barre est élevée » pour réussir les pourparlers de Stockholm, tout en soulignant que « le processus politique dans les discussions que nous aurons offre une alternative au récit du conflit », a -t-il dit.

M. Griffiths estime que les prochains jours constituent une « occasion cruciale » de donner une impulsion au processus de paix et d’avancer vers un accord global. « Dans les prochains jours, vous aurez la possibilité, vous ici présents, de débattre et de progresser sérieusement, j'espère, sur un cadre de négociations définissant les paramètres de l'accord de paix et de la reprise de la transition politique », a dit l’Envoyé spécial aux délégations participant aux pourparlers. Dans la conduite de ses négociations, l’envoyé onusien sera appuyé par « l’expertise et l’expérience » d’un groupe consultatif composé de huit femmes yéménites.

Les discussions menées en Suède seront également l’occasion d’aborder les problèmes économiques liés au conflit dans de nombreuses régions du Yémen, notamment du port d’Hodeïda - principale porte d’entrée des importations et de l’aide humanitaire dans l’ouest du pays et de l'aéroport de Sana'a. « Nous aurons l’occasion de discuter des questions d’accès humanitaire et de la manière dont ces programmes peuvent être plus efficaces », a précisé M. Griffiths.

« L'avenir du Yémen est entre les mains de ceux qui se trouvent dans cette pièce », a dit l’Envoyé spécial. « Les institutions du pays sont en danger, la fragmentation du pays est une préoccupation énorme et nous devons agir maintenant avant que nous ne perdions le contrôle de l'avenir du Yémen ».

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