Yémen : près de 150.000 migrants africains arrivés cette année (OIM)

4 décembre 2018

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé mardi que près de 150.000 migrants africains sont entrés au Yémen en 2018.

« La barre des 150.000 arrivées de migrants au Yémen devrait être franchie cette année », a déclaré le porte-parole de l’OIM, Joel Millman, lors d’un point de presse à Genève, décrivant comme « extraordinaire et alarmant » le fait que tant de personnes tentent de rejoindre « une zone de guerre dangereuse ».

Ce chiffre représente une augmentation de 50% d’arrivées de migrants au Yémen par rapport à l’année dernière en dépit du conflit et de la crise humanitaire qui ravagent ce pays du sud de la péninsule arabique. « Les migrants courent des risques mortels le long des routes migratoires traversant la Corne de l’Afrique et la mer Rouge », a ajouté Joel Millman.

Le Yémen reste une étape importante sur la route des migrants de la Corne de l’Afrique vers les riches États du Golfe. Le rapport sur la matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM estime que 92% des migrants entrants aujourd’hui au Yémen sont des ressortissants éthiopiens, les Somaliens représentant le reste.

Selon l’OIM, les passeurs profitent du chaos de la guerre pour échapper aux contrôles de sécurité. Pour l’agence onusienne, c’est aujourd’hui la route migratoire maritime de l’Afrique vers le Yémen est la plus fréquentée au monde. L’itinéraire via Djibouti et celui de la Somalie comptent également parmi les migrants plus « jeunes » du monde. « Les mineurs représentent environ 20% des migrants. Beaucoup ne sont pas accompagnés », souligne l’OIM.

A titre de comparaison, le nombre de migrants arrivés en Europe s’élève présentement à plus de 107.000, selon les chiffres de l’OIM.  « L’augmentation des arrivées de migrants yéménites dépasse cette année les arrivées en Europe via la mer Méditerranée », a ajouté M. Millman.

« Ces migrants rêvent d’une vie meilleure pour eux-mêmes et leurs familles. La plupart sont trop jeunes pour comprendre les difficultés qui les attendent », a déclaré Mohammed Abdiker, le Directeur des opérations et des situations d’urgence de l’OIM cité dans le communiqué de presse. « Ils font face à des risques et à des abus, notamment la traite des êtres humains. La plupart des personnes qui se rendent au Yémen se retrouvent alors coincées dans un conflit, exposées à de nouvelles violences et à des dangers ».

Djibouti : une conférence sur les flux migratoires entre la Corne de l’Afrique et les pays du Golfe

Mercredi, une conférence réunissant des gouvernements de la Corne de l’Afrique (Djibouti, Éthiopie et Somalie) et du Golfe (Arabie saoudite, Koweït et Yémen), ainsi que des partenaires des Nations Unies et des ONG démarrera à Djibouti.

L’objectif de cette conférence est d’identifier « des solutions pratiques aux flux migratoires dangereux et d’éclairer la nouvelle phase de planification du Plan d’action régional pour les migrants ».

Dans son allocution de bienvenue publiée à l’avance, le Directeur général de l’OIM, António Vitorino, a exhorté les participants de cette conférence à ne pas perdre de vue les dangers que les migrants continuent d’endurer sur cette route. Depuis 2014, le projet sur les migrants disparus de l’OIM a enregistré plus de 700 décès dans le golfe d’Aden.

Près de quatre années de conflit au Yémen ont débouché sur la pire crise humanitaire au monde, avec 22 millions de personnes - 75 % de l’ensemble de la population du pays – ayant aujourd’hui besoin d’assistance ou de protection. Deux millions de Yéménites sont également déplacés à travers le pays.

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