La situation se détériore de manière alarmante au Yémen, met en garde un haut responsable de l'ONU

1 décembre 2018

La situation au Yémen s'est détériorée de manière alarmante et le pays est au bord d'une « catastrophe majeure », a déclaré Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, à son retour de mission au Yémen samedi.

« Mais il n'est pas trop tard », a-t-il ajouté. « Lors de mes entretiens avec des responsables du gouvernement du Yémen reconnu à l'échelle internationale à Aden et avec les autorités de facto à Sanaa, j'ai été encouragé d'entendre un soutien résolu aux opérations de secours ».

Environ 2,3 millions de personnes sont actuellement déplacées à travers le Yémen et, depuis le mois de juin, plus de 500.000 personnes ont fui le conflit à Hodeïda, une ville d’importance stratégique, principal port d’entrée de la majeure partie de l’aide alimentaire et humanitaire dans le pays.

M. Lowcock, décrivant certaines des scènes qu’il a vécues lors de sa visite, a déclaré : « j’ai rencontré des familles vivant à l’extérieur de Sanaa qui ont fui leur domicile il y a quatre ans lorsque le conflit s’est intensifié et vivent toujours dans des conditions épouvantables. À Lahej, j'ai visité un camp surpeuplé qui abrite des centaines de familles désespérées déplacées par les récents combats à Hodeïda ».

Les conséquences du conflit au Yémen, en particulier le récent effondrement économique dans le pays, ont entraîné une augmentation importante de la faim et de la malnutrition, entraînant une crise humanitaire que de hauts responsables de l'ONU ont qualifiée de « la plus grande crise de sécurité alimentaire au monde ».

M. Lowcock a déclaré avoir été témoin de la souffrance de civils yéménites frappés par la faillite de l'économie yéménite, qui ne peuvent se permettre ni nourriture, ni eau potable, ni le transport vers un dispensaire.

« À Aden, j'ai rencontré des enfants émaciés, tellement mal nourris qu'ils pouvaient à peine ouvrir les yeux. L’assistance humanitaire aide nombre de ces enfants à se rétablir. Mais j’ai aussi entendu des histoires déchirantes d’enfants qui rechutent encore et encore parce que leurs familles ne peuvent tout simplement pas se permettre de se payer de la nourriture ou des soins médicaux appropriés ».

Le Secrétaire général adjoint a réaffirmé que seule une solution politique peut mettre fin à la crise au Yémen et s'est félicité de l'annonce faite par les parties belligérantes de leur intention de se rendre en Suède pour des pourparlers de paix convoqués par Martin Griffiths, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen. Du fait de la détérioration de la situation humanitaire, un effort accru de financement sera nécessaire pour l’aide au Yémen en 2019.