A Buenos Aires, Guterres défend le G20 et plaide pour une mondialisation juste

30 novembre 2018

Dans un contexte diplomatique tendu sur plusieurs dossiers, le chef de l’ONU a réaffirmé au sommet du G20 en Argentine l’importance du multilatéralisme, alors qu’il doit également participer dimanche à l’ouverture de la Conférence sur le climat (COP24) à Katowice, en Pologne.

Dès son arrivée jeudi à Buenos Aires, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a plaidé, malgré « la situation complexe dans la communauté internationale », pour la poursuite du dialogue multilatéral dans le cadre de rencontres telles que celles du G20.

« Beaucoup de personnes se demandent, à un moment de manque de confiance aussi grand au sein de la communauté internationale, de fort degré de confrontation, même entre les puissances, que ce soit dans le domaine de la sécurité ou dans celui du commerce – ‘Est-il logique d’avoir la réunion du G20 ?’ Et ma réponse est claire. C'est justement à cause du manque de confiance, du risque de confrontation et d'escalade qu'il est absolument essentiel de faire fonctionner un forum comme celui-ci », a déclaré M. Guterres lors d’un point de presse dans la capitale argentine.

Le G20 réunit les dirigeants de 19 pays et l’Union européenne. Présidé cette année par l’Argentine, le G20 est organisé pour la première fois en Amérique du Sud.

Avant l’ouverture du sommet, le Secrétaire général a de nouveau plaidé pour « une mondialisation juste » alors que le monde est confronté à une crise de confiance.

« Il ne s’agit pas seulement de la méfiance entre les États ; la méfiance règne entre les peuples en général et les institutions - leurs gouvernements, leurs parlements - mais aussi les organisations internationales », a déclaré M. Guterres.

Croissance de l’économie mondiale, développement du commerce mondial, amélioration au niveau de la réduction de l’extrême pauvreté : la mondialisation et les mutations technologiques ont engendré d’énormes avantages pour l’humanité, a reconnu le chef de l’ONU.

« Mais en même temps, nous voyons partout ceux qui sont les perdants de la mondialisation, ceux qui ont été laissés pour compte - les peuples, les régions, des secteurs - qui sont en colère, qui se sentent frustrés, qui considèrent souvent que leurs gouvernements ou des organisations internationales telles que l'ONU, n’ont pas déployé suffisamment d’efforts pour résoudre leurs problèmes, leurs difficultés dans les régions rouillées de ce monde », a-t-il dit.

Une « mondialisation juste » passe par la réalisation des Objectifs de développement durable

M. Guterres a souligné l’importance de réunir les différents pays du monde autour de la table pour mettre en place une stratégie commune visant « une mondialisation juste, ce qui signifie une mondialisation qui ne laisse personne de côté ».

« C’est précisément le but du Programme 2030 approuvé lors du sommet des Nations Unies à New York avec les Objectifs de développement durable (ODD) », a déclaré le Secrétaire général, rappelant que les 17 objectifs visent à éliminer la pauvreté et donnent un cap pour les efforts énormes déployés en matière d’éducation, de santé, de préservation des océans, de lutte contre le changement climatique et contre les problèmes de gouvernance dans le monde.

António Guterres espère que le sommet du G20 à Buenos Aires sera l’occasion pour les dirigeants mondiaux d’assumer un engagement très ferme en faveur du Programme 2030, de soutenir les ODD.

« Cet appui est plus nécessaire que jamais », a souligné le chef de l’ONU. « Parce que, si on regarde les tendances actuelles et les objectifs établis pour 2030, si nous continuons au niveau actuel, nous n’atteindrons que la moitié (des objectifs) ».

Pour le Secrétaire général, les indicateurs actuels montrent que les gouvernements doivent s'engager davantage et un engagement accru du secteur privé est nécessaire.

« Nous avons besoin d’une mobilisation accrue de ressources, à la fois avec l’appui du monde développé envers le monde en développement, mais également de mobilisation de ressources au sein du monde en développement », a précisé M. Guterres.

Dans la capitale argentine, le chef de l’ONU a rappelé l’importance d’un « engagement politique fort » des Etats. « Je crois que le G20 est - avec la présence des plus grandes économies du monde - le bon endroit pour demander cet engagement ».

Le Secrétaire général doit participer à l’ouverture dimanche de la Conférence sur le climat (COP24) à Katowice, en Pologne.

« Il faut réussir à Katowice », a dit M. Guterres lors d’un point de presse vendredi. « Nous devons construire à Katowice l’élan nécessaire pour une ambition accrue de la communauté internationale ».

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