Nouveaux records pour les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (OMM)

22 novembre 2018

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont de nouveau atteint des niveaux record, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). « Rien n’indique un renversement prochain de cette tendance, qui est pourtant le facteur déterminant du changement climatique », a dit jeudi cette agence de l’ONU à Genève.

Selon le Bulletin de l’OMM sur les gaz à effet de serre, à l’échelle du globe, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) ont atteint 405,5 parties par million (ppm) en 2017, alors qu’elles étaient de 403,3 ppm en 2016 et de 400,1 ppm en 2015. Depuis 1990, le forçage radiatif total causé par les gaz à effet de serre persistants, qui induit un réchauffement du système climatique, s’est accru de 41 %. Le CO2 a contribué à hauteur d’environ 82% à l’augmentation du forçage radiatif ces 10 dernières années, selon les chiffres de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) qui sont cités dans le Bulletin.

Habituellement, une baisse importante de la croissance des concentrations est observée pendant l'année qui suit un épisode de courant chaud El Niño. En 2017 toutefois, le taux a continué d'augmenter, selon l’OMM. « Les données scientifiques sont sans équivoque. Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, les changements climatiques auront des conséquences irréversibles et toujours plus destructrices pour la vie sur Terre », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM.

Selon Petteri Taalas, « la période propice à l’action est sur le point de s’achever ». D’autant que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. A l’époque, la température était de 2 à 3 °C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel.

Augmentation des niveaux de Méthane et d’oxyde nitreux également

« Le CO2 persiste pendant des siècles dans l’atmosphère et encore plus longtemps dans l’océan. Or, nous n’avons pas de baguette magique pour faire disparaître l’ensemble de cet excédent de CO2 atmosphérique » a indiqué lors d’une conférence de presse ce jeudi à Genève, la Secrétaire générale adjointe de l’OMM. Selon Elena Manaenkova, « chaque réchauffement, ne serait-ce que d’une fraction de degré, a des conséquences, et il en va de même pour chaque partie par million de gaz à effet de serre ».

Outre le CO2, les concentrations de méthane et de protoxyde d’azote ont également augmenté. « Et on a observé une recrudescence d’un puissant gaz à effet de serre réduisant la teneur en ozone, le CFC-11, dont la production est régie par un accord international visant à protéger la couche d’ozone », fait valoir le document de l’OMM. Ses données sur les concentrations « mettent l'accent sur le caractère urgent de cette réduction des émissions », selon le président du GIEC Hoesung Lee.

A noter que le Rapport annuel sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, qui sera publié par ONU-Environnement (PNUE) le 27 novembre, recense quant à lui les engagements pris par les pays en matière de politique générale sur la réduction des gaz à effet de serre. L'OMM doit également publier la semaine prochaine son évaluation sur le climat dans le monde cette année.

Les décisions qui seront prises lors des négociations de l’ONU sur le changement climatique (3 au 14 décembre, Katowice, Pologne) reposeront notamment sur les éléments scientifiques présentés dans ces trois rapports. Cette réunion aura pour principal objectif l’adoption de lignes directrices pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, qui vise à maintenir la hausse de la température moyenne du globe à une valeur aussi proche que possible de 1,5 °C.

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