Afrique de l’Est : l’ONU plaide pour plus de coopération régionale pour assurer la sécurité énergétique

21 novembre 2018

La Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA) et la Communauté d'Afrique de l'Est ont lancé mercredi à Kigali, au Rwanda, une initiative pour lutter contre l'insécurité énergétique croissante qui affecte la région.

Le Cadre stratégique pour la sécurité énergétique conclu par les deux organisations vise à renforcer la collaboration régionale et permettre des gains collectifs en matière de sécurité énergétique.

« La déforestation, la hausse des prix du bois et du charbon, l'augmentation des importations de pétrole et de gaz représentent quelques-uns des symptômes de l'insécurité énergétique à laquelle nous sommes confrontés en Afrique », a rappelé Andrew Mold, le Directeur par intérim de la CEA pour l’Afrique de l'Est.

Les analyses de la CEA montrent que le déficit d’approvisionnement en électricité affecte la croissance des pays d’Afrique de l’Est de l’ordre de 2% à 5% du PIB. En raison de leur dépendance excessive aux combustibles fossiles et de l’absence d’infrastructures de raffinage, les importations de produits pétroliers représentent plus de 10% du PIB des pays de la région, ce qui affectent leurs performances économiques.

En Afrique de l’Est, environ 90% de la population dépend de la biomasse (charbon et bois de chauffage) comme source d'énergie, ce qui donne lieu à une déforestation massive dans tous les pays de la région. De telles pratiques représentent une menace à long terme pour la sécurité et la durabilité de l'approvisionnement en énergie.

« Sans un approvisionnement en énergie sûr et à un prix abordable, nous serons confrontés à des obstacles en matière de développement industriel et à une dépendance croissante vis-à-vis des importations, qui compromet notre balance des paiements et nos performances macroéconomiques », a déclaré Christophe Bazivamo, le Secrétaire général adjoint de la Communauté d'Afrique de l'Est. « Sans “énergisation”, il n'y aura pas d'industrialisation ! », a-t-il prévenu.

Mardi, le Secrétaire général de l’ONU avait plaidé pour un développement industriel inclusif et durable du continent africain.

Un cadre stratégique qui s’inscrit dans les ODD

Le Cadre stratégique pour la sécurité énergétique s’est déroulé lors de la réunion régionale annuelle de la CEA, dont le thème est la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale (ZLECA). L’ONU souligne que davantage d’investissements dans les infrastructures énergétiques sont nécessaires pour renforcer les relations commerciales sur le continent africain et assurer le succès de la ZLECA.

Le cadre stratégique vise à améliorer la sécurité et faciliter le financement de l'approvisionnement en énergie, afin de faire progresser la réalisation de l’Objectif de développement durable n°7 sur l'accès universel à une énergie propre, abordable, durable et fiable.

« Une grande partie des progrès sociaux que nous cherchons à obtenir, en termes d’amélioration de l’éducation, de la santé, de la création d’emplois, de l’industrialisation, de l’efficacité des services reposent sur un approvisionnement fiable en énergie durable à un prix abordable », a insisté Robert Nyavumba, responsable de la Division de l’Énergie au Ministère des infrastructures du Rwanda

Pour la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, ce nouveau cadre renforcera la résilience de l’Afrique. « Il fournira des orientations aux États membres sur la mesure, le suivi et la gestion de la sécurité énergétique dans les sous-secteurs de la biomasse, de l’électricité, du pétrole et du gaz », a expliqué Yohannes Hailu, expert en énergie à la CEA.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

L’ONU souligne l’urgence et les avantages d’une croissance économique respectueuse du climat

Rappelant l'urgence de l'action climatique, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné mercredi les bénéfices économiques à en tirer, à l’occasion de la présentation du dernier rapport de la Commission mondiale sur l’économie et le climat au siège de l’ONU à New York.