Plus de 7.200 victimes de mines antipersonnel en 2017 dans le monde

20 novembre 2018

Le nombre de victimes des mines improvisées a encore atteint un niveau record, représentant 2.716 des 7.239 victimes des mines et des autres restes explosifs de guerre en 2017. Selon le rapport annuel de l’Observatoire des mines, publié par la Campagne internationale pour interdire les mines, le bilan dramatique est surout dû à un nombre élevé de victimes dans les pays en conflit ou en proie à des violences endémiques. 

Si des victimes ont été identifiées dans 49 pays, un grand nombre des victimes de mines improvisées ont été enregistrées en Afghanistan (1 093) et en Syrie (887). Les forces de l’État islamique ont ainsi continué d’utiliser des mines improvisées en Iraq et en Syrie, mais le manque d’accès par des sources indépendantes aux zones affectées rend difficile la confirmation d’utilisation nouvelle au cours de la période étudiée.

Les civils sont les plus touchés. Ils représentent 87% des victimes en 2017, dont 47% d’enfants : 2452 enfants ont été victimes de mines et restes explosifs. Le nombre réel de nouvelles victimes est probablement beaucoup plus élevé, compte tenu des difficultés à recueillir les informations dans les zones de conflit actuelles ou récentes, souligne Handicap International.

Le rapport montre que le nombre de nouvelles victimes de mines - industrielles ou de fabrication artisanale – et restes explosifs de guerre reste exceptionnellement élevé pour la troisième année de suite. En 2016, 9.437 victimes avaient été recensées et 6.967 en 2015.

Les civils représentent de loin la majorité des victimes - Loren Persi, Observatoire des mines

 « A cause de l’effet inhumain de l’intensification récente des conflits, les mines antipersonnel et les autres restes de guerre entrainent un nombre de victimes que nous n’avons pas vu depuis de nombreuses années », a déclaré Loren Persi, rédacteur de la section sur les victimes et l’assistance aux victimes du rapport 2018 de l’Observatoire des mines.

« Les civils représentent de loin la majorité des victimes, et les survivants ont toujours besoin d’un soutien bien après que les conflits soient terminés et que la dernière mine soit retirée ».

Le soutien aux victimes demeure faible

Parmi les Etats, seules les forces gouvernementales du Myanmar ont utilisé d’octobre 2017 à octobre dernier de nouvelles mines. L’Observatoire des mines n’a pas recensé ou pu confirmer l’utilisation de mines antipersonnel par les forces gouvernementales syriennes au cours de la période documentée. En revanche, des groupes armés non étatiques ont eu recours à cet armement dans au moins huit pays : en Afghanistan, en Colombie, en Inde, au Myanmar, au Nigeria, au Pakistan, en Thaïlande, et au Yémen.

Par ailleurs, les pays ont continué leurs efforts pour rendre sûres des zones précédemment minées, en rapportant environ 128km de terres déminées et la destruction de 168.000 mines antipersonnel. Mais parmi les 60 pays et autres territoires connus pour être contaminés par les mines, 34 étaient des États parties, qui prévoit le déminage de toutes les zones contaminées dans un délai de 10 ans.  Seulement quatre d’entre eux semblent être en mesure de respecter leurs délais de déminage. La Mauritanie a achevé le déminage de son territoire en 2017.

Par contre, le rapport souligne que le financement international de l’action contre les mines a atteint un niveau record. En 2017, les donateurs internationaux ont contribué à un montant record de 673,2 millions de dollars pour l’action contre les mines dans 38 États et trois autres territoires, le niveau le plus élevé jamais enregistré sur plus de deux décennies de suivi des donations par l’Observatoire des mines. Pratiquement 80% du soutien international provenait de cinq donateurs, les États-Unis, l’Allemagne, l’Union européenne, la Norvège, et le Japon.

Malgré cette hausse des financements, le soutien international explicitement alloué à l’assistance aux victimes demeure bas. En effet, l’assistance aux victimes ne représente que 2% de l’enveloppe totale du financement international de l’action contre les mines, soit 15,8 millions de dollars sur 667,2 millions de dollars.

A noter que le rapport de l’Observatoire des mines a été publié en amont de la 17ème Assemblée des Etats parties au Traité d’Ottawa qui se tiendra du 26 au 30 novembre prochain à Genève.

 

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