Au Kosovo, la réconciliation passe par l'établissement de la confiance à tous les niveaux (ONU)

14 novembre 2018

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général au Kosovo, Zahir Tanin, a indiqué mercredi que les efforts de l’ONU visent à renforcer les conditions propices à la négociation pacifique et à la réconciliation sociale.

Le chef de la Mission des Nation Unies au Kosovo (MINUK) a rappelé que le Président serbe, Aleksandar Vučić, et le Président kosovar, Hashim Thaçi, se sont rencontrés la semaine dernière à Bruxelles. Une rencontre au cours de laquelle les deux dirigeants ont confirmé leur intention commune de poursuivre le dialogue et de rechercher un règlement dans le cadre du processus facilité par l'Union européenne (UE).

Cependant cette rencontre a eu lieu dans un contexte où la situation sur le terrain est dominée par de fréquentes actions contradictoires, a dit le Représentant special. Certaines de ces actions, notamment les graves discriminations que continuent de subir certains individus pour exercer leurs droits fondamentaux, y compris la liberté d’expression et de mouvement, l’égal accès aux opportunités économiques ou les difficultés à pratiquer leur religion ont le potentiel d’enflammer la situation, a-t-il alerté.

A cela s’ajoutent la décision du gouvernement du Kosovo d’imposer une taxe de 10% sur les biens serbes et bosniens, de même que l’adoption de trois projets de lois sur les forces de sécurité kosovares. Ces actions ont accru les tensions entre Belgrade et Pristina, a poursuivi M. Tanin.

Au Kosovo, les réformes nécessaires dans les institutions de l’Etat de droit ont été sapées par les tensions ethniques et les préoccupations politiques, a déploré l’envoyé onusien. Comme partout ailleurs, la protection de l’indépendance du pouvoir judiciaire et la lutte contre le crime organisé et la corruption au Kosovo exigent un effort continu et intense. L’ONU et l’UE continuent de mettre des ressources à la disposition des autorités pour les aider dans cette entreprise difficile mais cruciale.

Impliquer tous les segments de la société

Dans cet esprit, la MINUK continue d’accorder la priorité à l’établissement de la confiance au Kosovo, en particulier au niveau local, chaque fois que possible, en étroite coopération avec tous les partenaires internationaux sur le terrain.

Dans ce contexte, M. Tanin a estimé que pour que les négociations réussissent, l’engagement de toutes les couches de la société et des dirigeants politiques est crucial.  « Tout accord de haut-niveau, qui sera atteint par des négociations politiques, et peu importe le soutien dont il bénéficiera au plan international ou régional ne tiendra pas, s’il n’est pas compris ou ne jouit pas de la confiance des communautés et des individus, a mis en garde le chef de la MINUK, se disant confiant que les dirigeants des deux côtés et les facilitateurs ont cette exigence à l’esprit.

Pour sa part, la MINUK continue de travailler à la mise en œuvre de son mandat.  Suite au forum sur le renforcement de la confiance au Kosovo, organisé par les Nations Unies en août dernier à Ljubljana, capitale de la Slovénie, la mission s’est attelée à mettre en œuvre les recommandations issues de cette rencontre.

A travers un plan d’action et des mesures spécifiques, la MINUK a identifié et soutient les acteurs du changement au Kosovo. Les initiatives lancées visent notamment à favoriser la paix et la réconciliation, bâtir la confiance et détruire la méfiance historique entre les communautés, a conclu le représentant spécial.

 

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