Bosnie-Herzégovine : les résultats définitifs des élections générales devraient être connus aujourd’hui

6 novembre 2018

Devant le Conseil de sécurité, le Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine Valentin Inzko, a estimé ce matin que l’évènement le plus significatif des six derniers mois dans le pays avait été la tenue des septièmes élections générales, le 7 octobre, dont les résultats définitifs sont attendus ce mardi. Il a regretté l’escalade de la rhétorique clivante, les propos haineux et les tentatives d’intimidation des électeurs qui ont marqué la campagne électorale.

« De manière regrettable, les principaux partis politiques ont accordé peu d’attention aux questions qui revêtent une importance particulière aux yeux de l’opinion publique tels que l’état de droit, la corruption et le développement économique », a déclaré le Haut-Représentant. 

 « De plus la période postélectorale a été marquée par des accusations d’irrégularités, la confiance de l’opinion publique dans l’intégrité du système électoral paraissant être au plus bas », a noté Valentin Inzko, pour qui son rétablissement est une priorité.

L’annonce des résultats définitifs est attendue pour aujourd’hui, après quoi débutera la période de la formation des parlements et du Gouvernement, a-t-il annoncé.  Dans l’ensemble, les partis politiques alignés sur des positions ethniques semblent avoir remporté le soutien le plus important au sein des parlements, mais certaines formations politiques multiethniques paraissent avoir amélioré leurs résultats de manière significative depuis la dernière élection en date.

 Dans la mesure où aucun parti n’a obtenu de majorité claire, il est encore trop tôt pour spéculer et déterminer quelles coalitions seront formées, a analysé M. Inzko.

Il est encore trop tôt pour spéculer et déterminer quelles coalitions seront formées - Valentin Inzko, Haut-Représentant pour la Bosnie-Herzégovine

« J’ai déjà informé le Conseil de sécurité de la possibilité de retards en raison de l’échec des parties à adopter une réforme électorale encadrant les élections indirectes à l’une des chambres du Parlement de la Fédération », a indiqué le Haut-Représentant. 

Si le processus de formation des parlements et des gouvernements débute tout juste, les futurs membres de la Présidence sont déjà connus : MM. Sefik Dzaferovic (SDA), Zeljko Komsic (DF) et Milorad Dodik (SNSD).  Or, la victoire de M. Komsic sur le membre croate sortant Dragan Covic a conduit un grand nombre de responsables politiques à déclarer l’élection illégitime, « voire illégale ou anti-Dayton », en dépit du fait qu’elle a été conduite selon les mêmes règles que celles qui régissaient la précédente élection, y compris la propre élection de M. Covic en 2014. 

En outre, l’élection de M. Dodik en tant que membre serbe de la Présidence a été contestée, dans la mesure où celui-ci a par le passé tenu des propos contre l’État de la Bosnie-Herzégovine, et continue de multiplier les provocations depuis son élection.

L’intégration au sein de l’Union européenne

En dépit d’un environnement politique difficile, l’intégration au sein de l’Union européenne (UE) demeure un des points positifs du paysage politique national, a estimé M. Inzko, en soulignant que les autorités de la Bosnie-Herzégovine travaillent désormais sur les réponses à apporter aux 650 questions de suivi complémentaires adressées en juin par la Communauté européenne. Mais de sérieuses déficiences demeurent dans le domaine de l’état de droit, a observé le Haut-Représentant».

Par ailleurs, il n’y a pas eu d’élections locales dans la ville de Mostar depuis 2008 en raison d’une autre décision restée sans effet de la Cour constitutionnelle, a constaté à regret le Haut-Représentant.

Il a également attiré l’attention sur le fait que les autorités n’exécutent toujours pas les arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l’homme en l’affaire « Sejdić et Finci » et dans les affaires connexes. 

Outre les élections, une des questions politiques les plus sensibles au cours des six derniers mois en Bosnie-Herzégovine a été la hausse spectaculaire du nombre de migrants, qui ont été près de 18 000 en octobre, contre 758 en 2017, et la réponse des autorités, a souligné le Haut-Représentant.

Compte tenu de la structure constitutionnelle complexe de la Bosnie-Herzégovine et des tensions politiques internes, il faut être conscient que cette situation pourrait dégénérer en crise humanitaire, sécuritaire et politique, a-t-il mis en garde. 

En conclusion, le Haut-Représentant a émis quelques recommandations que les autorités de la Bosnie-Herzégovine seraient avisées de suivre selon lui. Tout d’abord, des mesures doivent être prises pour renforcer l’état de droit. Ensuite, les institutions étatiques ont besoin d’être soutenues dans leur fonctionnalité et leur indépendance. Enfin, le développement économique doit être relancé. Ceux qui considèrent que l’intégration européenne est leur objectif doivent faire preuve d’esprit de compromis et hâter le rythme des réformes, a exhorté M. Inzko.

 

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