Syrie : il faut continuer à mettre en œuvre l’accord sur Idlib, plaide le chef de l’humanitaire de l’ONU

29 octobre 2018

A l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a appelé lundi à la poursuite de la mise en œuvre de l’accord entre la Russie et la Turquie concernant la région d’Idlib, dans le nord du pays.

« Le mois dernier, j’ai conclu mon exposé en vous posant une question : l’accord conclu entre la Fédération de Russie et la Turquie sur Idlib offrirait-il seulement un moment de répit ou marquerait-il le début d’un avenir plus stable pour des millions de civils dans cette partie du pays ? », a rappelé M. Lowcock lors d’un exposé devant les membres du Conseil.

« Nous avons vu une lueur d'espoir dans les semaines de calme relatif qui ont suivi la conclusion de l'accord. Il est très important pour des millions de personnes à Idlib que cela reste le cas. L'enjeu est de taille, l'alternative étant des souffrances d'une ampleur qui submergerait toute capacité de réaction, dévastant une population déjà affaiblie par des années de conflit, de déplacement et de privation », a-t-il ajouté.

Mark Lowcock, qui est le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et le Coordonnateur des secours d’urgence, a souligné que les Nations Unies et ses organisations partenaires continuaient de fournir une assistance aux personnes dans le besoin en Syrie. En septembre, près de 2,5 millions de personnes ont bénéficié d'une aide alimentaire depuis Damas.

Cependant, dans de nombreuses régions qui ont récemment changé de contrôle, les Nations Unies n’ont pas eu un accès durable, a-t-il noté.

L’opération transfrontalière des Nations Unies depuis la Turquie a continué de fournir une assistance à des centaines de milliers de personnes chaque mois. Elle a été renforcée au cours des dernières semaines pour assurer le pré-positionnement de l'aide en cas d'escalade militaire, ainsi que pour fournir un soutien pour se préparer à l'hiver.

« Les opérations transfrontalières continuent d'être gérées et surveillées de très près. Nous continuons à prendre toutes les mesures possibles pour que les opérations des Nations Unies répondent aux normes les plus strictes », a dit Mark Lowcock.

Un soutien nécessaire dans cinq domaines

En conclusion, le chef de l’humanitaire de l’ONU a demandé le soutien des États Membres et du Conseil de sécurité dans cinq domaines.

Premièrement, la poursuite de la mise en œuvre de l'accord Russie-Turquie et la prévention d'une attaque militaire à Idlib et dans les régions environnantes.

Deuxièmement, le renouvellement de la résolution 2165 pour une année supplémentaire, en particulier pour soutenir l’aide transfrontalière indispensable pour soutenir et protéger plus de trois millions de civils à Idlib et pour apporter des fournitures et des services essentiels dans le nord de la Syrie.

Troisièmement, un soutien pour garantir que le convoi humanitaire ONU/SARC (Croissant-Rouge arabe syrien) ait immédiatement accès en toute sécurité au camp de Rukban, à la frontière entre la Syrie et la Jordanie.

Quatrièmement, un soutien aux efforts pour améliorer l’accès, l’évaluation des besoins et la collecte de preuves sur la manière dont les ressources sont utilisées.

Enfin, un financement continu et plus généreux pour le plan de réponse humanitaire actuel.

 

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