Syrie : Damas n’accepte pas que l’ONU joue un rôle dans la composition du comité chargé de rédiger la constitution

26 octobre 2018

La Syrie ne veut pas d’ingérence dans ses affaires internes, et cette position s’étend à la rédaction de la Constitution. C’est ce qu’a rapporté vendredi au Conseil de sécurité, l’Envoyé de l’ONU pour la Syrie après son entretien à Damas avec le Ministre syrien des affaires étrangères.

S’adressant au Conseil de sécurité par visioconférence depuis Beyrouth, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la crise en Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré qu’il s’était rendu à Damas le 24 octobre, où il s’est entretenu avec le Ministre des affaires étrangères, Walid al-Mouallem, de la question de la formation du Comité constitutionnel.

À cette occasion, le chef de la diplomatie syrienne a réitéré l’importance pour son gouvernement que l’on s’abstienne de toute ingérence dans les affaires internes de son pays, une position qui s’étend à la rédaction de la Constitution.  Contrairement au mémorandum d’accord signé avec l’ONU et Damas et aux termes mêmes de la déclaration de Sotchi, le Ministre n’accepte pas que les Nations Unies jouent un rôle dans la composition de ce comité.

L’Envoyé spécial a assuré avoir scrupuleusement suivi les critères fixés pour la sélection des candidats de la société civile, l’un des trois groupes appelé à siéger au sein de ce Comité, aux côtés des délégations du gouvernement et de l’opposition. M. Mouallem, a précisé M. de Mistura, a proposé que l’on retire le troisième tiers de cette liste, ce à quoi ce dernier a répondu que ce serait possible « uniquement à condition qu’il y ait au préalable un accord sur une liste de substitution ».  Le Ministre syrien lui a dit qu’il reviendrait vers lui à ce sujet, ajoutant qu’il serait souhaitable à ce stade d’attendre les résultats des prochaines consultations avec les garants d’Astana, qui auront lieu le 27 octobre. 

Le gouvernement syrien a très clairement exposé sa position et « nous voilà placés face à un défi de taille, et j’ai l’intention de tout mettre en œuvre pour le relever », a assuré l’Envoyé spécial. « L’ONU n’est pas opposée à des suggestions constructives et modérées sur la formation d’une troisième liste. Mais ne laissons pas passer la fenêtre de tir qui se présente à nous en novembre », a-t-il dit.

Je ferai tout mon possible « pendant le temps qui me reste avant de quitter mes fonctions » pour convoquer un comité constitutionnel piloté par les Syriens sous les auspices des Nations Unies, dans le respect de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité, a insisté M. de Mistura qui liberera son poste d’Envoyé spécial fin novembre.

 

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