En Colombie, une cantine communautaire apporte du répit aux Vénézuéliens en quête d’un avenir meilleur

9 octobre 2018

Pour de nombreux réfugiés vénézuéliens arrivant à Cúcuta, la cantine communautaire de la Divina Providencia est la première étape d’un long périple en quête d’une protection internationale en Colombie ou ailleurs.

Chaque jour, la cantine de cette ville du nord-est de la Colombie, sert gratuitement 3.000 petits déjeuners et 3.000 déjeuners. Les réfugiés et les migrants commencent à faire la queue dès 6 heures le matin. À 11 heures 30, il reste rarement quelque chose à manger. La cantine fonctionne grâce à un groupe de 80 à 100 bénévoles colombiens et vénézuéliens.

Irene Navajo, 35 ans, originaire de Caracas, fait partie des milliers de Vénézuéliens qui ont trouvé refuge en Colombie. Quand son mari a perdu son emploi dans le bâtiment, la famille ne pouvait plus s’en sortir avec son seul salaire de femme de ménage dans un dispensaire.

Son mari et elle ont rejoint la ville de Cúcuta il y a huit mois de cela, laissant derrière eux quatre enfants qui vivent au Venezuela avec la mère d’Irene.

« C’est triste d’abandonner son pays, mais nous ne pouvions rien faire d’autre », dit-elle en rinçant des fourchettes et des cuillères dans un gros seau de plastique bleu.

Peu de temps après leur arrivée à Cúcuta, Irene s’est fait voler ses deux valises qui contenaient toutes leurs possessions. Son mari et elle ont dormi dans les rues pendant deux mois. Puis, une femme leur a parlé de la Divina Providencia et le matin suivant à sept heures tapantes, elle faisait la queue pour se faire servir un petit déjeuner. Elle travaille maintenant comme bénévole à la cantine, à faire la cuisine et la vaisselle, et elle s’y sent bienvenue.

« Je me sens en famille », dit-elle. « Quand je deviens nostalgique et que je pense à mes enfants, je me dis que j’ai aussi une famille ici ».

Outre la nourriture, le centre de la Divina Providencia offre des consultations médicales de base ainsi que des services d’information juridique grâce au soutien de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Photo PAM/Jonathan Dumont
Des réfugiés traversent la frontière entre le Venezuela et la Colombie, près de Cúcuta, en Colombie.

Le HCR appelle la communauté internationale à accroître son aide

Le nord de la région de Santander est la zone frontalière la plus surchargée de Colombie, représentant 75% de toutes les entrées par voie terrestre. Les autorités nationales et locales travaillent avec le HCR, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’autres organisations présentes dans la zone pour répondre au mieux aux besoins essentiels immédiats des nouveaux arrivants, dont les réfugiés et les migrants vénézuéliens et 300.000 rapatriés colombiens.

Plus de 4.000 Vénézuéliens entrent chaque jour en Colombie dans l’intention d’y rester ou de poursuivre leur périple vers le sud, Ils sont des milliers à entreprendre le voyage à pied et à traverser le pont international Simón Bolívar a la frontiere entre les deux pays. Le dos chargé de sacs pesants, ils traînent des valises abîmées ou serrent contre eux de jeunes enfants sous un soleil implacable.

En visite dans les zones frontalières de la Colombie, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a appelé la communauté internationale à faire davantage pour venir en aide aux milliers de Vénézuéliens qui viennent trouver refuge dans le pays.

« Répondre aux besoins humanitaires du flux permanent de Vénézuéliens qui entrent en Colombie est source de difficultés colossales », a déclaré M. Grandi durant sa visite dimanche à Villa del Rosario, dans l’agglomération de Cúcuta. « Le HCR est déterminé à intensifier sa présence et son assistance », a ajouté le Haut-Commissaire.

M. Grandi est en visite en Colombie et dans d’autres pays d’Amérique latine pour évaluer les besoins des réfugiés et des migrants vénézuéliens, ainsi que ceux des pays qui les accueillent, et pour discuter d’approches régionales destinées à répondre à cet exode croissant par une augmentation de l’aide internationale.

Près de 2 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015. Face à la détérioration croissante de la situation au Venezuela, nombre d’entre eux ont besoin d’une protection internationale. Ils sont aujourd’hui environ 1 million en Colombie où le gouvernement s’attache à leur assurer la possibilité de travailler légalement et d’accéder aux services sociaux en leur délivrant un permis spécial à cet effet.

À proximité du pont international Simón Bolívar, des centaines de Vénézuéliens font la queue du côté colombien de la frontière pour faire tamponner leur passeport. Pour nombre d’entre eux, l’entrée officielle en Colombie signe la première étape d’un long périple vers d’autres régions du pays, voire vers l’Équateur ou le Pérou, où ils partent en quête d’un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs familles.

 

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