Les frontières entre le crime et le terrorisme s’étant estompées, la coopération internationale est essentielle

8 octobre 2018

Le «lien» en constante évolution entre le crime et le terrorisme, allant de simples accords à des relations symbiotiques complexes, exige une plus grande compréhension pour briser le flux illicite d’argent provenant du marché noir, ont réaffirmé lundi les Nations Unies.

Des groupes terroristes s'impliquent de plus en plus dans des activités criminelles «lucratives» telles que le commerce des ressources naturelles et la traite des êtres humains, a déclaré Michèle Coninsx, Directrice exécutive de la Direction du Comité contre le terrorisme des Nations Unies (CTED), lors d’une réunion d’information du Conseil de sécurité sur la question.

De même, des groupes criminels se joignent aux terroristes et fournissent des services tels que la contrefaçon, le commerce des armes et aident à faire passer des terroristes d'un pays à un autre, a-t-elle déclaré.

«Nous savons que des groupes terroristes recrutent des individus ayant des antécédents criminels ou des compétences criminelles, et que des crimes mineurs sont commis pour financer des activités terroristes, y compris le déplacement de combattants terroristes étrangers», a expliqué Mme Coninsx, notant que les conflits et l'instabilité renforçaient encore davantage ces transactions.

Des groupes terroristes recrutent des individus ayant des antécédents criminels ou des compétences criminelles (...)  des crimes mineurs sont commis pour financer des activités terroristes

La Directrice de la CTED a déclaré que son bureau et d'autres entités de la lutte antiterroriste des Nations Unies, telles que l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) et l'Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice (UNICRI) travaillaient de concert pour lutter contre le fléau.

Elle a également mis en exergue le travail de la Direction exécutive avec les États membres des Nations Unies, identifiant les bonnes pratiques, y compris des unités communes d'enquête et des mécanismes de poursuite efficaces, pour lutter contre le crime organisé et le terrorisme.

À l’avenir, Mme Coninsx a exhorté la communauté internationale à renforcer sa coopération dans la lutte contre le terrorisme et ses structures de soutien, en particulier pour identifier les nouvelles tendances terroristes, cartographier les liens entre terroristes et groupes criminels et partager plus efficacement les informations.

Les liens entre le crime organisé et le terrorisme «pas nouveaux»

Lors de la réunion, Gustavo Meza-Cuadra Velásquez, président du Comité des Nations Unies contre le terrorisme, a déclaré que les liens entre le terrorisme et les syndicats du crime international n'étaient pas nouveaux et figuraient en bonne place à l'ordre du jour du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale, et ce depuis longtemps.

M. Velásquez, qui est également Représentant permanent du Pérou auprès des Nations Unies, a souligné l'importance des instruments internationaux - en particulier la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles additionnels ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité - pour que les pays puissent désorganiser des groupes criminels et terroristes.

Dans ce contexte, il a réaffirmé que la mise au point d’une stratégie efficace face au lien croissant qui existait entre le terrorisme et le crime devrait rester l’une des plus hautes priorités de son mandat au sein du Comité.

«Lignes floues» entre le crime organisé et le terrorisme

S'exprimant aux côtés des représentants de l'ONU, Laura Adal, analyste principale de l'Initiative mondiale contre le crime organisé transnational, a déclaré que le recours à la violence et à la menace de violence employée à la fois par des terroristes et des groupes criminels tendait à «brouiller les lignes».

Alors que la dynamique des groupes individuels est unique et très localisée, les groupes criminels et terroristes contribuent à l'instabilité et à sapent la gouvernance, en s'appuyant sur l'utilisation «stratégique» de la violence, a déploré Mme Adal.

La lutte contre le lien entre le crime et le terrorisme doit tenir compte de leur propension à la violence et à l'intimidation, a-t-elle déclaré, appelant à redoubler d’efforts pour renforcer l'état de droit, la gouvernance démocratique et le développement.

Dans le même temps, il est tout aussi essentiel de veiller à ce que les gouvernements et les sociétés permettent aux dividendes du développement de toucher tous les citoyens, a ajouté Mme Adal.

 

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