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Au Tchad, l’élimination de l’insécurité alimentaire réside dans le développement (PNUD et OCHA)

Des femmes hospitalisées à N'Djamena, au Tchad, s'occupent de leurs enfants souffrant de malnutrition. (7 octobre 2018)
OCHA/Eve Sabbagh
Des femmes hospitalisées à N'Djamena, au Tchad, s'occupent de leurs enfants souffrant de malnutrition. (7 octobre 2018)

Au Tchad, l’élimination de l’insécurité alimentaire réside dans le développement (PNUD et OCHA)

Développement durable (ODD)

En mission au Tchad, l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, et le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, ont appelé à des interventions humanitaires et de développement concertées plus fortes. 

Pour les chefs du PNUD et d'OCHA, ces interventions doivent permettre de lutter contre la pauvreté, les déplacements, la malnutrition et le manque d'accès aux services sociaux de base.

Dans la capitale N'Djamena, M.M. Steiner et Lowcock ont visité un centre de nutrition situé dans l’Hôpital de l'Amitié Tchad-Chine où plus de 16.000 enfants souffrant de malnutrition sont admis chaque année. Cette année, le nombre de cas de malnutrition aiguë sévère (SAM) a augmenté de 57% dans le dispensaire, géré par le Ministère de la santé publique, avec l’aide des partenaires internationaux et des donateurs.

« J’ai été profondément touché par le sort des femmes et des enfants que j’ai rencontrés au centre de nutrition de N’Djamena aujourd’hui », a déclaré M. Lowcock, qui a salué les efforts et les actions entreprises pour faire face à l'une des plus grandes crises nutritionnelles à laquelle la population tchadienne ait été confrontée.

L’assistance humanitaire peut sauver des vies, mais la solution réside dans le développement, le progrès économique et de meilleurs moyens de subsistance

« Mais le plus gros défi consiste d’abord à empêcher les enfants de se retrouver dans cette situation. L’assistance humanitaire peut sauver des vies, mais la solution réside dans le développement, le progrès économique et de meilleurs moyens de subsistance », a souligné le Coordonnateur des secours d’urgences, précisant que « les Nations Unies sont prêtes à soutenir le gouvernement, qui doit diriger ce processus ».

Au Tchad, environ 4,9 millions de personnes ont besoin d'un soutien urgent, la majorité d'entre elles souffrant d'insécurité alimentaire.

 

Le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Mark Lowcock (1er à gauche), et l'Administrateur du PNUD, Achim Steiner (1er à droite) parlent avec des spécialistes en nutrition à l'hôpital de l'amitié Tchad-Chine à N'Djamena
OCHA/Eve Sabbagh
Le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, Mark Lowcock (1er à gauche), et l'Administrateur du PNUD, Achim Steiner (1er à droite) parlent avec des spécialistes en nutrition à l'hôpital de l'amitié Tchad-Chine à N'Djamena

Lors de leurs rencontres avec de hauts responsables gouvernementaux et des parlementaires, M.M. Lowcock et Steiner ont appelé à un leadership gouvernemental plus fort et à des engagements à plus long terme de la part de toutes les parties prenantes, y compris des donateurs, afin de répondre aux besoins urgents des ménages vulnérables et d'accroître l'accès de tous aux services sociaux de base.

« Les défis auxquels le pays est confronté sont enracinés dans les déficits de développement et les réalités climatiques qui ont aggravé la dégradation des conditions de vie des communautés prises dans la crise », a déclaré M. Steiner, ajoutant qu'il était urgent d'intensifier la réponse à cette crise.

« Nous appelons nos partenaires à s'engager dans un financement pluriannuel afin de faciliter la planification à moyen et à long terme », a déclaré le chef du PNUD. « Intensifier nos efforts maintenant nous aidera à faire face à la crise actuelle, à remédier aux causes sous-jacentes de cette crise et à aider les populations à renforcer leur résilience afin de mieux faire face à la situation et de les aider à continuer seules le redressement de la région après la crise », a-t-il ajouté.

Les défis auxquels le pays est confronté sont enracinés dans les déficits de développement et les réalités climatiques qui ont aggravé la dégradation des conditions de vie des communautés

Le plan de réponse humanitaire 2018 au Tchad nécessite 544 millions de dollars pour répondre aux besoins des 2,1 millions de personnes les plus vulnérables du pays. À ce jour, seulement 35,6% du financement a été reçu.

En outre, le gouvernement tchadien a pour objectif de mobiliser plus de 430 millions de dollars pour la résilience et le développement durable dans le bassin du lac Tchad. Cet investissement servira à améliorer la fourniture de services sociaux de base et à stimuler la croissance du secteur agricole, dont dépendent des millions de personnes dans les zones rurales.

La visite de M.M. Steiner et Lowcock à N’Djamena conclut une mission de trois jours au Nigéria et au Tchad, au cours de laquelle les deux responsables de l'ONU ont examiné les moyens par lesquels les acteurs humanitaires et les acteurs du développement peuvent mieux soutenir les efforts déployés au niveau local, notamment dans la crise du bassin du lac Tchad.

Au Nigéria, M. Steiner et M. Lowcock ont appelé à davantage de soutien pour atténuer la crise humanitaire et reconstruire les vies des populations dans le nord-est du pays ravagé par le conflit.