Le Royaume-Uni appelle à rétablir la confiance dans des sociétés ouvertes

26 septembre 2018

A la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a déploré mercredi que la fin de la guerre froide n’a pas entrainé la suprématie des démocraties libérales et a constaté au contraire la remise en cause de la foi dans le libre-échange, l’immense anxiété face aux changements technologiques, ainsi que les déplacements de masse de populations à travers les frontières qui entrainent la montée des nationalismes.

« Ceux qui croient en des sociétés ouvertes ont un devoir de rétablir la confiance en elles. » Sans une confiance dans les démocraties, il ne sera pas aisé de pouvoir agir, a-t-elle argué.

« Nous avons vu à quoi mène l’extrême droite et l’extrême gauche au cours du siècle dernier : elles détruisent la paix ente les nations », a constaté Mme May en faisant remarquer ces mêmes tendances actuellement, notamment en Europe.

« Or, nous savons ce qui se passe quand des oligarchies corrompues volent les ressources de leurs citoyens, lorsque les craintes et les incertitudes prennent le pouvoir. » Elle a accusé des États comme la Russie de violer les normes internationales : « ils n’hésitent pas à empoisonner dans les rues de Londres et ils envahissent un pays frontalier en contradiction des règles internationales », s’est-elle insurgée.

Pour lutter contre cela, la Première ministre britannique a estimé qu’il fallait des États nations forts, qui soient responsables à l’égard de leurs citoyens. La coopération et la concurrence ne sont pas contradictoires, a-t-elle affirmé. « Ce n’est que par la coopération mondiale que nous pourrons répondre aux défis mondiaux », a-t-elle recommandé en citant la coopération en matière de changement climatique. 

Mme May a appelé à faire respecter l’ordre international pour répondre à ceux qui estiment que l’économie mondiale ne travaille pas pour eux, qui ont peur que leurs enfants et petits-enfants n’aient pas accès au marché du travail.

Elle a plaidé en faveur de sociétés inclusives, ouvertes à tous, « le meilleur moyen pour lutter contre les nationalismes ». « Il faut dénoncer les discours de haine dès que nous les entendons ». « Je n’apprécie pas toujours ce que les médias de mon pays disent de moi ou de mon action » a-t-elle témoigné, « mais je défendrais toujours cette liberté ».

La décision du Royaume Uni de sortir de l’Union européenne n’est pas un rejet des autres mais correspond à une demande que les décisions soient prises au niveau national, a-t-elle tenu à préciser.

Mme May a ensuite demandé de ne pas laisser notre incapacité agir. « Lorsque le régime syrien a utilisé des armes chimiques contre son peuple, les États-Unis, le Royaume Uni et la France ont agi ; et lorsque la Russie a utilisé un poison innervant dans les rues de Londres, nous avons réagi », a-t-elle rappelé. De la même façon, il faut agir contre ce que fait l’armée en Birmanie au peuple Rohingya afin de la dissuader de continuer, a-t-elle prôné.

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