Abyei : le Conseil de sécurité prend note de l’appui accru de l’ONU au Soudan et au Soudan du Sud

20 septembre 2018

Le Conseil de sécurité a entendu ce jeudi le  Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, sur l’appui de la FISNUA au Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud dans la zone d'Abyei. Par sa résolution 2412, le Conseil a instauré fin avril une série de « mesures vérifiables » et de critères sur la démarcation de la frontière entre les deux pays.

« S’agissant du premier critère – la facilitation de la liberté de déplacements – les deux pays ont chargé leurs équipes d’agents de surveillance basés dans le quartier général du Mécanisme à Kadugli de fournir les autorisations », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, ajoutant que toutes les patrouilles de la  la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA) ont été approuvées sans délais depuis avril.

Pour ce qui est de la création de couloirs de passage de la frontière, deux autres des critères précités, M. Lacroix a indiqué que les progrès sur ce critère dépendent des efforts de sensibilisation à mener par les parties auprès des communautés vivant dans cette zone. De tels efforts sont en effet nécessaires pour dissiper les préoccupations de ces communautés, en soulignant auprès d’elles que le marquage des couloirs de passage de la frontière et les opérations du Mécanisme ne préjugent en rien de l’actuel ou futur statut juridique de la frontière, a-t-il dit.

En revanche, il a indiqué que les parties n’ont pas été en mesure d’avancer les discussions sur le document de démarcation de la frontière, qui doit guider l’opération de démarcation.

Le patron des Casques bleus de l’ONU, notant les progrès inégaux observés ces derniers mois en vue de remplir les critères visés, s’est félicité des développements positifs entre les deux pays, en citant les efforts du Soudan visant à faciliter les pourparlers entre parties sud-soudanaises à Khartoum.

De plus, M. Lacroix a indiqué que la composante militaire de la Mission concentrerait ses déploiements le long des frontières de la zone d’Abyei afin de prévenir toute incursion armée.

Eu égard à l’augmentation des activités criminelles dans la zone, le Secrétaire général recommande par ailleurs le déploiement de trois unités de police supplémentaires afin d’assurer le maintien de l’ordre et de promouvoir la réconciliation entre les communautés locales, sans modifier l’effectif total du personnel en uniforme fixé à 4.500 membres.

S’adapter à la situation sur le terrain

« Des consultations approfondies ont eu lieu entre le Secrétariat, les parties et l’Union africaine afin d’aboutir à ces recommandations dans le but de s’adapter à la situation sur le terrain, en réduisant notamment les troupes dans la zone, en faisant en sorte que la police assure des tâches de maintien de l’ordre et en promouvant des progrès s’agissant du mécanisme de surveillance de la frontière », a par ailleurs fait valoir le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

Il a jugé nécessaire un engagement accru de ce Conseil auprès des parties pour s’accorder sur un mandat de la FISNUA qui serve les intérêts des parties et des communautés de la zone frontalière

Enfin, Jean-Pierre Lacroix a jugé impératif que les missions de paix s’adaptent aux réalités sur le terrain et œuvrent à une solution politique et estimé que l’appui de la FISNUA doit être reconfiguré afin que les parties aboutissent à des progrès tangibles, conformément aux recommandations du Secrétaire général.

Le 23 avril dernier, le Conseil de sécurité avait décidé de proroger jusqu’au 15 octobre 2018 le mandat de la FISNUA en conditionnant toute future extension à une série de « mesures spéciales » visant à assurer des « progrès mesurables » sur la démarcation de la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, qui se disputent la souveraineté sur le territoire.

Pour ce faire le Conseil avait adopté sa résolution 2412 (2018), à l’unanimité, par laquelle il avait décidé de maintenir à 4 791 militaires l’effectif maximum autorisé de la Force, et ce, jusqu’au 15 octobre 2018. 

 

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