Syrie : la situation humanitaire dans le nord-ouest du pays s’est détériorée ces dernières semaines (ONU)

28 août 2018

La situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, en particulier dans la région d’Idlib, a continué de se détériorer ces dernières semaines, a indiqué mardi devant le Conseil de sécurité un haut responsable humanitaire des Nations Unies.

Des bombardements aériens et des tirs de mortier ont été signalés à Idlib, Alep, Hama et Lattaquié, faisant des morts et des blessés parmi les civils et causant des dégâts aux infrastructures, dont des écoles et des hôpitaux, a précisé le Directeur des opérations et du plaidoyer du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, dans un exposé devant les membres du Conseil.

Les organisations humanitaires s’efforcent de répondre aux besoins à travers tout le nord-ouest du pays, en s’appuyant sur les livraisons de l’aide transfrontière, qui continue d’être vitale pour des centaines de milliers de civils privés de toute autre assistance, a-t-il souligné. « Environ 680.000 personnes ont reçu une aide alimentaire en provenance de Turquie rien qu’au mois de juillet, et 254.000 des soins de santé », a fait valoir le haut fonctionnaire.

Parallèlement à la réponse en cours, les partenaires humanitaires sont en train de finaliser un plan destiné à venir en aide à ces populations isolées vivant sous le contrôle de groupes armés non-étatiques, populations qui sont au nombre de 2,1 millions de personnes, a-t-il expliqué.

S’agissant de la situation dans le sud-ouest, le gouvernement syrien a désormais repris le contrôle de la plus grande partie des provinces de Deraa, Quneitra et As-Sweida. Des retours massifs de populations déplacées ont débuté, et il ne resterait plus que 60.000 personnes déracinées dans ces trois provinces. Cependant, des besoins considérables persistent, auxquels l’ONU s’emploie à répondre, en partenariat avec le Croissant rouge arabe syrien et d’autres organisations locales, en apportant une aide alimentaire à plus de 390.000 personnes.

La situation demeure complexe dans d’autres parties de la Syrie, comme à Rukban, à la frontière syro-jordanienne, où 45.000 personnes s’entassent dans un camp de réfugiés qui n’a pas la capacité d’accueillir dans des conditions acceptables un nombre si élevé de familles, a indiqué M. Ging. Et à Deir-ez-Zor, les combats en cours dans l’est de la province continuent d’avoir un impact sur les civils : plus de 20.000 personnes ont été déplacées vers des camps de fortune fin juillet et début août.

John Ging a indiqué que le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock, se trouvait ce mardi à Damas pour discuter avec les autorités syriennes des moyens d’optimiser l’aide humanitaire à travers toute la Syrie.

« Les organisations humanitaires font ce qu'elles peuvent avec les ressources à leur disposition pour se préparer à une éventuelle détérioration de la situation. Mais dans le cas du scénario du pire à Idlib, leurs capacités risquent de ne pas être suffisantes et cela pourrait créer une crise humanitaire d’une ampleur inégalée », a dit M. Ging, qui a appelé le Conseil de sécurité à user de son influence pour éviter une crise humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie.

 

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