Une gestion durable de l’environnement permettra de mieux respecter la dignité et les droits des migrants (ONU)

22 août 2018

Gérer de manière durable de l’environnement est déterminant pour organiser des migrations sûres, régulières et ordonnées, plaident l’agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) et l’agence des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

« Le changement climatique et la dégradation environnementale créent des niveaux inacceptables d'insécurité humaine. Si notre environnement est géré de manière durable, nous aurons une meilleure chance de faire respecter la dignité, les droits et opportunités des migrants », affirment le Directeur exécutif du PNUE, Erik Solheim, et le Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing, dans une tribune publiée conjointement.

Selon eux, ces deux objectifs sont inséparables et ils se disent prêts à soutenir les efforts des gouvernements du monde en vue de les réaliser.

« L'année 2018 nous offre une occasion unique de penser et de réfléchir aux décennies futures, en intensifiant l'action sur les migrations et l'environnement », soulignent les deux dirigeants onusiens.

« Alors que nous mettons en place un cadre pour organiser des migrations sûres, régulières et ordonnées, nous devons mobiliser notre créativité pour résoudre ses causes. Par-dessus tout, nous avons besoin de dirigeants mondiaux prévoyants, dotés de la volonté de résoudre un problème auquel nous sommes déjà confrontés - et qui est entièrement notre œuvre », soulignent-ils.

MM. Swing et Solheim rappellent que le changement climatique redessine fondamentalement la carte des zones où les gens peuvent vivre. Les approvisionnements alimentaires sont perturbés dans la région du Sahel et en Amérique centrale. En outre, le stress hydrique et la pénurie d'eau empirent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

« Alors que l'anormal devient la nouvelle norme, les pénuries, la concurrence à somme nulle et les déplacements de masse vont devenir de plus en plus courants », notent-ils.

Un milliard de personnes sont actuellement des migrants, qui se sont déplacés à l'intérieur ou au-delà de leurs frontières nationales. Ces personnes ont migré pour une série de raisons complexes, notamment la pression démographique, un manque d'opportunités économiques, la dégradation de l'environnement et les nouvelles formes de voyage. Combinés, ces facteurs contribuent à des déplacements humains et à migrations peu sûres, à une échelle sans précédent.

Selon le PNUE et l’OIM, ces déplacements et ces migrations risquent de continuer à augmenter, suite aux effets du changement climatique qui détruisent graduellement les moyens de subsistance de millions de personnes.

Dans ce contexte, les deux hauts fonctionnaires se félicitent des négociations intergouvernementales qui ont abouti le mois dernier à un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Les chefs d'État et de gouvernement doivent formellement adopter ce pacte lors d'une conférence de haut niveau à Marrakech, au Maroc, en décembre prochain.

Le pacte « promet de fournir un cadre solide pour prendre des mesures qui règlent le problème des migrations engendrées par le climat. Mais nous devons dès à présent nous assurer que ce pacte soit mis en application », écrivent MM. Solheim et Swing.

Selon eux, le pacte « a le potentiel d'améliorer la vie et les perspectives de dizaines de millions de personnes ». « Une fois officiellement adopté, nous devrons nous assurer que le nouveau cadre maximise les avantages des voyages et des échanges internationaux, tout en résolvant également les problèmes vécus par de nombreuses personnes aux prises avec les migrations non régulées », concluent-ils.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

L’ONU appelle à la protection des droits des peuples autochtones lors de leurs migrations

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, a mis en lumière les facteurs qui poussent les peuples autochtones à migrer «dans leur pays et au-delà des frontières internationales» malgré leur « lien spirituel profond avec leurs terres et leurs ressources ».