Attentat de Bagdad, 15 ans après : le meilleur hommage à rendre est de poursuivre notre travail (Guterres)

17 août 2018

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a déposé vendredi une gerbe et s’est incliné devant le drapeau bleu de l’organisation retrouvé dans les décombres du siège de l’ONU à Bagdad détruit par une explosion il y a 15 ans. Il a réaffirmé sa détermination à améliorer la sécurité de tous les employés des Nations Unies, tout en reconnaissant que leur travail « ne sera jamais exempt de risques ».

« Nous sommes ici pour honorer ceux qui ont fait le sacrifice ultime pour les valeurs et la Charte des Nations Unies », a dit le Secrétaire général après avoir observé une minute de silence en l’honneur du personnel de l’ONU tué dans ce qui fut la « première attaque terroriste de masse contre les Nations Unies ».

Le 19 août 2003, un camion chargé d’explosifs a foncé contre l’Hôtel Canal qui abritait le siège de la Mission de l’ONU en Iraq. 22 membres du personnel des Nations Unies, dont le chef de la mission, Sergio Vieira de Mello, ont trouvé la mort dans cet attentat.

« Ce fut traumatisant pour l’ensemble de l’organisation et nous avons appris des leçons très difficiles », a dit M. Guterres, reconnaissant que les mécanismes mis en place pour prendre en charge les survivants et les familles des victimes étaient insuffisants et qu’il a fallu de nombreuses années pour les améliorer.

« Avant et depuis ce jour, le personnel des Nations Unies a été pris pour cible par ceux qui voudraient nous affaiblir et nous faire peur dans l’accomplissement de notre travail. D'Alger à Kaboul, de Mogadiscio à Abuja et au-delà, des terroristes ont tenté de nous faire taire et de nous bannir », a dit le Secrétaire général en référence aux différentes attaques dans lesquelles l’ONU a été visée.

Le 11 décembre 2007, 17 personnes ont été tuées dans un attentat contre le bâtiment des Nations Unies à Alger. Le 28 octobre 2009, 5 employés de l’ONU ont trouvé la mort dans l’attaque de leur résidence à Kaboul. Le 26 février 2011, un véhicule a explosé devant le bureau de l’ONU à Abuja faisant 21 morts. Le 19 juin 2013, 15 personnes ont été tuées dans l’attaque contre le complexe de l’ONU à Mogadiscio.

Plus de 100 travailleurs humanitaires tués en 2017

« Il est inconcevable que des civils et des travailleurs humanitaires qui tentent de les aider, soient tués et mutilés dans les zones de conflit en toute impunité », a pour sa part déclaré le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock. « Nous devons y mettre fin », a souligné celui qui est également Coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies.

Pour la cinquième année consécutive, plus de 100 travailleurs humanitaires ont perdu la vie sur le terrain au service des plus vulnérables en 2017. « L'année dernière, 148 soldats de la paix et 139 travailleurs humanitaires ont été tués », a rappelé jeudi le Directeur de l’Office des Nations Unies à Genève, Michael Møller, lors de la commémoration de la Journée internationale de l’aide humanitaire dans la ville suisse où siègent de nombreuses organisations internationales.

Pour sa part, M. Guterres a réaffirmé sa détermination à améliorer la sécurité de l’ensemble du personnel des Nations Unies, « mais notre travail ne sera jamais exempt de risques », a-t-il prévenu.

« Le drapeau bleu des Nations Unies vole haut en raison des hommes et des femmes courageux qui le portent jusqu'aux endroits les plus reculés du monde », a dit le Secrétaire général, en reconnaissance du travail des acteurs humanitaires, des soldats de la paix, du personnel militaire et civil qui ont donné leurs vies.

Pour le chef de l’ONU, le meilleur hommage que nous puissions rendre au sacrifice du personnel onusien et humanitaire est de « continuer notre travail ; aller dans les endroits dangereux afin de les rendre plus sûrs ; se tenir aux côtés de ceux qui souffrent et leur apporter de l’aide ».

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