Yémen : le chef de l’ONU condamne la frappe aérienne meurtrière contre un bus scolaire

9 août 2018

Le Secrétaire général des Nations Unies a condamné jeudi la frappe aérienne menée par les forces de la coalition contre un marché très fréquenté du district de Majz, dans la province de Saada, au nord du Yémen, qui a touché un bus transportant des enfants d'un camp d'été.

Les autorités sanitaires locales ont confirmé que de nombreuses personnes avaient été tuées ou blessées. La plupart des victimes seraient des enfants âgés de 10 à 13 ans.

Dans une déclaration, António Guterres a appelé toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, en particulier les règles fondamentales de distinction, de proportionnalité et de précautions à prendre lors d’une attaque.

Il a exprimé ses plus sincères condoléances aux familles des victimes, soulignant que, toutes les parties doivent veiller à tout moment à épargner les civils et les objets civils dans la conduite des opérations militaires.

Le chef de l’ONU a appelé à mener une enquête indépendante et rapide sur cet incident.

Le Secrétaire général a par ailleurs renouvelé son appel « « de toute urgence » en faveur d’un règlement politique négocié par le biais d’un dialogue inclusif entre les deux pays, seul moyen de mettre fin au conflit.

António Guterres a exhorté toutes les parties à désamorcer et à participer de manière constructive au processus politique, y compris aux consultations prévues à Genève en septembre.

La cheffe de l'UNICEF  « horrifiée»

Pour sa part, la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, s’est dite « horrifiée» par la frappe meurtrière et a déclaré que les attaques contre les enfants sont « absolument inacceptables» .

 « Je suis horrifié par le raid aérien contre des enfants innocents, certains portant des sacs à dos de l'UNICEF, dans un bus scolaire au Yémen, Trop c'est trop », a  ajouté Henrietta Fore sur compte Twitter.

« Attaquer des enfants est la plus basse chose que toute partie à ce conflit puisse faire », a déclaré à ONU Info la représentante de l'UNICEF au Yémen, Meritxell Relaño. « Il n'y a aucune justification à attaquer des enfants ».

Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), environ 2.500 enfants ont été tués et 3.600 autres mutilés au Yémen depuis que le conflit entre les forces pro-gouvernementales et les rebelles Houthis s'est intensifié en 2015,

La cheffe de l’UNICEF au Yémen a également appelé toutes les parties belligérantes à « respecter le droit international humanitaire » et à épargner les enfants, les civils et les infrastructures civiles pour empêcher le Yémen de sombrer « dans les abysses et la catastrophe humanitaire ».

Le conflit au Yémen trouve ses racines dans des soulèvements qui remontent à 2011, mais les combats se sont intensifiés en mars 2015, lorsqu'une coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue militairement à la demande du président du Yémen.