A Gaza, le bien-être de deux millions de personnes menacé par le manque de carburant (ONU)

8 août 2018

Afin d’éviter la fermeture d’hôpitaux et le débordement d’eaux usés dans la bande de Gaza, le coordonnateur humanitaire dans le Territoire palestinien occupé a appelé mercredi Israël à autoriser immédiatement l'entrée de carburant d'urgence acheté par l'ONU.

Dans le contexte du renforcement des restrictions à l’importation et à l’exportation, les autorités israéliennes ont interdit depuis le 2 août l’entrée de carburant dans la bande de Gaza. Une interdiction qui fait suite à une précédente restriction imposée par Israël entre le 16 et le 24 juillet. Selon les autorités israéliennes, l’intensification de ces mesures est la conséquence du lancement de cerfs-volants incendiaires depuis Gaza vers Israël, qui ont causé d’importants dégâts matériels.

« Restreindre l'entrée de carburant d'urgence à Gaza est une pratique dangereuse, avec de graves conséquences sur les droits des personnes à Gaza », a déclaré James McGoldrick, le coordonnateur humanitaire. « Le bien-être de deux millions de personnes, dont la moitié sont des enfants, est en jeu. Il est inacceptable que les Palestiniens de Gaza soient à maintes reprises privés des éléments les plus fondamentaux d’une vie digne », a-t-il ajouté.

Selon les partenaires humanitaires du secteur de la santé, de l’eau et de l’assainissement, au moins 60.000 litres de carburant d’urgence doivent être immédiatement livrés à environ 46 installations vitales de Gaza. Une telle livraison permettrait d’assurer le fonctionnement de base des principaux hôpitaux ainsi que des services essentiels d’eau et d’assainissement pour les quatre prochains jours.

Plus de 10.000 mètres cubes d’eaux usées redirigés chaque jour vers une lagune de la ville de Gaza

Disponible et en attente du feu vert des autorités israéliennes, ce carburant est nécessaire pour alimenter les générateurs de secours nécessaires dans le contexte de la crise énergétique chronique qui touche Gaza.

Dans environ 40 des 132 installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement, les stocks de carburant ne sont actuellement que d’un à deux jours de réserve. 1,2 million de Palestiniens courent un risque imminent de débordement possible des eaux usées autour des 41 principales stations de pompage des eaux usées de la bande de Gaza.

Afin d’éviter qu’elles inondent les zones habitées, la municipalité de la ville de Gaza aurait été contrainte de diriger plus de 10.000 mètres cubes d’eaux usées par jour – l’équivalent de quatre piscines olympiques - vers une lagune de la ville, mettant les communautés avoisinantes face à un risque accru de débordement.

En outre, le traitement des eaux usées dans les stations d'épuration de la ville de Gaza a réduit la collecte des déchets solides, ces dernières - environ 15.000 tonnes - s'accumulant dans les rues. Le fonctionnement réduit des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement risque de provoquer une augmentation des maladies et des épidémies d’origine hydrique.

Cinq hôpitaux risquent de fermer dans les trois prochains jours

Dans la bande de terre palestinienne, les hôpitaux et autres services de santé critiques réduisent leurs opérations. Cinq hôpitaux risquent de fermer dans les trois prochains jours si le carburant d'urgence n'est pas autorisé à entrer. Actuellement, plus de 2.000 patients des hôpitaux de Gaza ayant besoin du fonctionnement d’appareils électriques sont à risque. Les services médicaux de plus de 1,6 million d’autres Palestiniens pourraient souffrir du manque de carburant d’urgence dans les 54 principaux centres de santé.

Cette situation critique est aggravée par l’épuisement à la mi-août du financement d’urgence du carburant pour toutes les installations essentielles. 4,5 millions de dollars sont nécessaires pour assurer la continuité des services vitaux jusqu’à la fin de l’année.

« Gaza a désespérément besoin de solutions à plus long terme pour dépasser ce cycle de crises répétées ou qui s'aggravent », a déclaré M. McGoldrick, soulignant qu’un tel dépassement requiert des autorités palestiniennes qu’elles accordent la priorité à la fourniture de carburant pour les services essentiels. « Jusqu'à ce que cela se produise, Israël doit annuler les restrictions récentes, y compris celles sur l'entrée de carburant d'urgence, et les donateurs doivent intervenir et financer le carburant d'urgence afin d'éviter une épidémie ou un problème de santé publique majeur ».

 

 

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