Yémen : l’ONU « choquée » par le raid meurtrier contre un hôpital à Hodeïda

3 août 2018

La coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Yémen, Lise Grande, s’est dite « choquée » par le raid jeudi contre l’hôpital al-Thawra d’Hodeïda, qui a fait au moins 20 morts et 60 blessés.

Les rapports préliminaires des autorités et du personnel humanitaire présent sur le terrain confirment de multiples morts et blessés causés par des frappes aériennes contre l’hôpital et des endroits situés à proximité.

Mme Grande a rappelé que les hôpitaux sont protégés par le droit international humanitaire. « Rien ne peut justifier ces pertes de vies humaines », a-t-elle dénoncé dans un communiqué.

Les Nations Unies rappellent qu’Al Thawra reste le plus grand hôpital du Yémen et l’un des rares établissements médicaux opérationnels de la région. Des centaines de milliers de personnes dépendent de cet établissement pour survivre.

L’hôpital abrite également l’un des meilleurs centres de traitement du choléra de la ville. « Chaque jour de cette semaine, nous avons vu de nouveaux cas de choléra à Hodeïda. L’impact des raids aériens est effroyable. Tout ce que nous essayons de faire pour endiguer la pire épidémie de choléra au monde est menacé », a fait remarquer la coordinatrice humanitaire.

OCHA/Giles Clarke
Une patiente touchée par le choléra sur un lit en bois dans un hôpital à Hodeïda, au Yémen. (15 avril 2017)

Choléra: l’OMS s’inquiète d’une nouvelle épidémie

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que le Yémen pourrait subir une nouvelle épidémie de choléra, avec un taux de mortalité plus élevé en raison de la malnutrition largement répandue dans le pays.

« Nous avons été confrontés à deux vagues épidémiques majeures de choléra ces dernières années et malheureusement, les données que nous avons constatées ces derniers jours laissent penser que nous sommes sur le point d’entrer dans une troisième vague épidémique », a déclaré le docteur Peter Salama, le Directeur général adjoint de l’OMS pour la préparation aux situations d’urgence et les interventions.

« Nous appelons toutes les parties engagées dans le conflit à cesser les hostilités pendant trois jours et à baisser les armes pour nous permettre de vacciner la population civile contre le choléra », a ajouté M. Salama. 

Photo OCHA/Giles Clarke
Un homme et ses fils collectent de l'eau sous un pont endommagé par une frappe aérienne à Hodeïda, au Yémen, en 2016 (archives).

 

Plus de 28.000 Yéménites tués ou blessés depuis 2015

De son côté, Mme Grande a insisté sur le fait que les parties au conflit sont tenues de faire tout leur possible pour protéger les civils et les infrastructures civiles. « Cet appel, nous l’avons déjà dit et répété. Cet engagement n’est pas volontaire, il est obligatoire pour tous les belligérants. Tant de personnes sont mortes au Yémen, ce conflit doit cesser », a dit la coordinatrice humanitaire.

Au Yémen, plus de 22 millions de personnes (75% de la population) ont besoin d’une assistance ou protection humanitaires. Deux millions de personnes sont déplacées et 8,4 millions ignorent d’où viendra leur prochain repas. 

Depuis le début du conflit en 2015, plus de 28.000 Yéménites ont été tués ou blessés. L’ONU a recensé 9.500 morts de civils, la majorité des civils tués ou blessés l’ont été suite à des frappes aériennes.

 

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