Afghanistan : l’ONU salue l’annonce de la date l'élection présidentielle, condamne l’attaque à Jalalabad

1 août 2018

La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a salué l'annonce de la date de l'élection présidentielle dans le pays.

La Commission électorale indépendante (CEI) du pays a annoncé mercredi la date du 20 avril 2019 pour la tenue du scrutin présidentiel. Une annonce qualifiée de « moment important pour la démocratie en Afghanistan », par le chef de la MANUA, Tadamichi Yamamoto.

« Nous exhortons toutes les parties à remplir leurs rôles respectifs afin de garantir que les échéances et les conditions nécessaires soient remplies pour des élections présidentielles crédibles », a déclaré M. Yamamoto qui est également Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan.

Selon les données préliminaires de la CEI, plus de 8,9 millions d'Afghans, dont plus de trois millions de femmes, se sont inscrits sur les listes électorales en vue des scrutins parlementaires et de district de cette année et aux élections présidentielles de 2019. La MANUA compte sur un processus de vérification des électeurs inscrits « à différents niveaux et rigoureux » afin que toute irrégularité soit corrigée.

« Un moment important pour la démocratie en Afghanistan » - Tadamichi Yamamoto, chef de la MANUA

En Afghanistan, la MANUA joue un rôle strictement impartial en soutenant les organes de gestion électorale afghans dans l'organisation des élections, ainsi que dans le renforcement de l'intégrité, de la durabilité et de l'inclusivité du processus électoral.

La mission politique onusienne s’est dite déterminée à continuer de travailler avec les institutions afghanes dans la mise en œuvre de réformes visant à renforcer la transparence et à renforcer la confiance dans les processus démocratiques en Afghanistan, notamment en encourageant la participation des femmes en tant qu'électrices et candidates.

 

Photo ONU/Fardin Waezi
Des femmes marchant dans les rues de Jalalabad, en Afghanistan (archive)

Une employée de l’OIM tuée dans une attaque à Jalalabad

La situation sécuritaire en Afghanistan demeure toutefois dangereuse pour l'ensemble de la population ainsi que pour les agences onusiennes et les travailleurs humanitaires.

Au moins 15 personnes ont été tuées et 20 autres blessées mardi dans une attaque dans la ville de Jalalabad, à 150 kilomètres à l’est de la capitale afghane, Kaboul. Un attentat-suicide a été perpétré contre le bureau du gouvernement provincial chargé des réfugiés et des rapatriés.

Les Nations Unies ont confirmé la mort d’une employée afghane de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’un membre de l’ONG International Rescue Committee. Un autre employé de l’agence onusienne a été blessé dans cette attaque.

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres et le Directeur général de l'OIM, William Lacy Swing, ont condamné cette attaque qualifié par ce dernier de « crime odieux ». 

« Tout le monde à l'OIM pense à nos collègues qui travaillent dans des conditions difficiles dans tout le pays pour le peuple afghan » - William Lacy Swing, Directeur général de l'OIM

L’employée de l’OIM tuée avait 22 ans. Elle faisait partie « des milliers d'Afghans qui constituent l'épine dorsale du travail quotidien des Nations Unies dans le pays pour aider les plus démunis, soutenir le développement et contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité », a précisé l’agence onusienne. La victime avait perdu son mari lors d'un attentat à Kaboul il y a trois ans. Elle laisse derrière elle une fille de six ans, orpheline.

« Tout le monde à l'OIM pense à nos collègues qui travaillent dans des conditions difficiles dans tout le pays pour le peuple afghan à la suite de cette attaque insensée », a dit M. Swing.

« Nous pleurons la perte de notre collègue et, en hommage, nous nous engageons à redoubler d'efforts pour servir l'Afghanistan et ses habitants », a pour sa part déclaré le chef de la MANUA, Tadamichi Yamamoto.

« L’ONU se tient aux côtés du peuple et du gouvernement afghans dans leur lutte pour la paix et la réconciliation dans leur pays », a déclaré le porte-parole adjoint du Secrétaire général dans un communiqué publié jeudi matin.

L’OIM rappelle que « rien ne justifie de tels actes de terreur » et demande que les auteurs et commanditaires de ce « crime effroyable » soient traduits en justice. « Toute attaque visant délibérément des civils est injustifiable et constitue une violation manifeste du droit international », a pour sa part souligné le porte-parole adjoint de M. Guterres.

 

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