Conflit en Syrie : les enfants continuent de payer un lourd tribut (ONU)

27 juillet 2018

Deux haut-responsables de l’ONU ont dénoncé, vendredi, devant le Conseil de sécurité, les violences dont sont victimes les enfants en Syrie dans un contexte humanitaire toujours tendu.

Plus de 7.000 enfants sont morts ou ont été mutilés depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011. Et il ne s’agit que des cas qui ont pu être vérifiés.

Les informations non vérifiées font état de plus 20.000 victimes parmi les enfants, a souligné Virginia Gamba, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

« Je suis profondément troublée par les histoires des enfants nés et élevés pendant le conflit, des enfants qui n’ont jamais vu la paix en Syrie », a déclaré Mme Gamba. « Nous pouvons imaginer que ces enfants se trouvent dans une situation de détresse psychosociale sévère. Ils ne savent pas la signification du mot ‘‘paix’’ ».

Un Mécanisme de surveillance et de communication de l’information relative aux enfants en situation de conflit armé en Syrie a été créé en 2013. Chaque année depuis lors, il y a eu une augmentation considérable de toutes les violations graves imputables à toutes les parties au conflit, a déploré la Représentante spéciale.

Depuis le début de l’année, le Mécanisme a vérifié plus 1.200 violations commises contre les enfants dont plus de 60 ont été tués ou mutilés.

Photo ONU/Rick Bajornas
Virginia Gamba, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie le 27 juillet 2018

2,1 millions d'enfants non scolarisés

Devant le Conseil de sécurité, Mme Gamba a indiqué que les attaques contre les écoles et les centres médicaux ont été l’une des caractéristiques persistantes du conflit en Syrie.

Depuis le début de l’année, plus de 60 écoles ont été attaquées et plus de 100 attaques ont été menées contre des hôpitaux et des centres médicaux. Une école sur trois serait hors d’usage ou endommagée, détruite ou utilisée comme abri ou pour des objectifs militaires.

L’ONU estime que 2,1 millions d'enfants ne sont pas scolarisés en Syrie.

« La communauté internationale doit donner la priorité au financement et à la fourniture d'une éducation de qualité pour tous les enfants à tous les niveaux, des premières étapes du développement de l'enfant à la formation professionnelle pour les jeunes », a dit la Représentante spéciale. « Personne ne doit pas être laissée de côté en particulier ceux qui ont été dépouillés de leurs plus importantes années de développement ». 

Pour la Représentante spéciale, les enfants syriens doivent être traités comme des victimes des violations du droit international. Il est important, a indiqué Mme Gamba, que le Conseil de sécurité assure que les enfants ne soient plus l’objet de violations graves de leurs droits. Les parties au conflit doivent prendre des mesures immédiates, concrètes et effectives pour prévenir les pertes subies par les enfants pendant la conduite des hostilités.

Photo ONU/Rick Bajornas
Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie le 27 juillet 2018

Convaincre que l’aide fournie parvient bien aux populations en détresse

Mme Gamba a souligné que l’accès humanitaire doit être offert à tous les enfants dans toute la Syrie, y compris la mise en œuvre des couloirs et des pauses humanitaires pour la livraison de l’aide indispensable à leur survie et a leur développement sans discrimination. 

Devant le Conseil de sécurité, Mark Lowcock, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, s’est fait l’écho des propos de la Représentante spéciale, soulignant les « souffrances inimaginables » que la guerre en Syrie a causé aux enfants. « Pourtant, ce sont les enfants de la Syrie qui sont l'avenir du pays », a dit M. Lowcock qui a appelé à ce que le respect et la protection de leurs droits soient « au centre de tous nos efforts ».

« Nos efforts pour continuer de fournir l’aide nécessaire dans une situation en perpétuelle évolution dépend du soutien de nombreux États membres », a souligné le Coordonnateur des secours d’urgence.

M. Lowcock a cité les contributions financières aux projets du Plan de réponse humanitaire, l’aide fournie par les pays voisins et les dons de vivres, comme ceux, la semaine dernière, de la France, facilitée par la Fédération de Russie et distribuée à Douma hier.

Malheureusement, a-t-il dit, l’appel de fonds des Nations Unies en faveur de la Syrie demeure largement sous-financée. Soutenir et renforcer la confiance des bailleurs de fond dépend de la capacité de l’ONU et des organisations humanitaires avec lesquelles elle travaille d’évaluer les besoins, de hiérarchiser les réponses et convaincre que l’aide fournie parvient bien aux populations en détresse, a prévenu le Secrétaire général adjoint. Cela suppose, a-t-il rappelé, un accès sûr, sans entrave et durable.

 

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