Le chef de l’ONUSIDA appelle à un plus grand « engagement politique » pour prévenir le VIH

24 juillet 2018

Alors que les infections à VIH continuent d’augmenter, l'ONUSIDA - l'agence des Nations Unies à la tête des efforts mondiaux pour mettre fin à la menace de santé publique - a appelé mardi les pays à renforcer les mesures de prévention et à continuer à faciliter l'accès au traitement.

Selon Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, qui a pris la parole lors de la Conférence internationale sur le sida réunie cette semaine à Amsterdam, aux Pays-Bas, près de 1,8 million de personnes ont contracté le VIH et une cinquantaine de pays ont connu une augmentation des nouvelles infections au VIH.

« La santé est un impératif des droits de l'homme et nous sommes profondément préoccupés par le manque d'engagement politique et l'incapacité à investir dans des programmes éprouvés de lutte contre le VIH, en particulier pour les jeunes et les populations clés. Si les pays pensent qu'ils peuvent se sortir de l'épidémie, ils se trompent dangereusement », a-t-il ajouté.

Un nouveau rapport de l'ONUSIDA indique que 47% des nouvelles infections à VIH touchent des populations vulnérables clés, telles que les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues injectables.

Bien qu'une combinaison d'approches de prévention du VIH puisse atténuer cette situation - réduction des risques, prophylaxie préexposition, meilleurs soins sociaux et préservatifs - de nombreux pays ne souhaitent pas investir dans des approches qu'ils jugent culturellement ou religieusement inappropriées.

Pour une couverture médiatique du VIH plus créative  

Dans le cadre de la conférence d’Amsterdam, l'ONUSIDA et ViiV Healthcare ont présidé un symposium sur la sortie des « caisses de résonnance », phénomène par lequel les utilisateurs se trouvent entourés de contenus provenant de personnes partageant les mêmes idées et de sources d'information privilégiées.

Lors de cette réunion, il a été souligné que l’analyse de l'utilisation des médias sociaux montre que, dans l'ensemble, la plupart des utilisateurs ont tendance à s'engager le plus possible avec des informations qui correspondent à leurs croyances et perceptions existantes sur le monde.

Or, les caisses de résonnance peuvent être une opportunité, mais aussi une barrière dans la réponse au VIH. Car si certaines communautés en ligne offrent des espaces permettant aux personnes d'accéder et de partager des informations et des ressources liées au VIH de manière stigmatisée, d’un autre côté, les caisses de résonnance peuvent aussi renforcer la stigmatisation, promouvoir des comportements discriminatoires ou diffuser des informations inexactes ou fausses.

Au nombre des panélistes, le journaliste du magazine scientifique Jon Cohen a expliqué comment il utilise la presse écrite, la radio, la télévision et Twitter pour suivre l'assaut des nouvelles. Malgré la nature ininterrompue de son travail, il a souligné l'importance d'un journalisme de qualité.

« Un médium est un médium et malheureusement beaucoup de gens n'utilisent pas le véhicule dont ils ont besoin pour raconter des histoires », a-t-il dit, comparant cela à un médecin qui n'utilise pas son outil le plus tranchant lors d'une opération.

L'immensité et l'immersion ont poussé Rowan Pybus et Sydelle Willow-Smith à s'essayer à la réalisation de vidéos en réalité virtuelle. Les fondateurs de Makhulu Productions ont basé leurs courts métrages en 3D sur les expériences des jeunes sud-africains et ont suivi le voyage d'une adolescente avec le VIH, faisant croire aux spectateurs qu'ils se rendent dans une clinique pour un test VIH.

« La réalité virtuelle peut avoir un effet physique sur les gens, et c'est un espace très excitant", a déclaré M. Pybus. Mme Willow-Smith a ajouté que le fait que Google, l'ONUSIDA, la Desmond Tutu HIV Foundation et la Children's Radio Foundation s'associent pour permettre le tournage des films reflète l'intérêt réel pour « sortir des caisses de résonnance individuelles ».

Les efforts de prévention du VIH doivent atteindre les plus vulnérables: les adolescents, les jeunes femmes et les communautés LGBTI

« Nous devons donner à chaque individu les moyens de protéger sa santé et son bien-être », a déclaré mardi la Directrice exécutive du Fonds des Nations pour la population (UNFPA), Natalia Kanem, lors de la 22ème Conférence internationale sur le sida.

L'année dernière, environ 40% des nouvelles infections au VIH ont eu lieu parmi les populations clés - un groupe comprenant les membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et intersexuée (LGBTI), les consommateurs de drogues injectables et d'autres groupes à risque – et leurs partenaires sexuels.

Selon un rapport publié récemment, le nombre de décès liés au sida est tombé à son point le plus bas du siècle grâce à l'amélioration de l'accès au traitement antirétroviral. Pourtant, les efforts de prévention laissent derrière eux les plus vulnérables.

En Afrique subsaharienne, les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont touchées de manière disproportionnée par l'épidémie de VIH. Bien qu'ils représentent environ un dixième de la population, ils représentent une infection sur quatre, selon les données de l'ONUSIDA.

L'UNFPA travaille avec les gouvernements et les partenaires du monde entier pour améliorer l'accès aux mesures de prévention, en particulier pour les adolescents, les femmes et les populations clés.

 

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