Gaza : Des services essentiels sur le point d’être arrêtés en raison du manque de carburant

22 juillet 2018

Le ravitaillement d’urgence fourni par les Nations Unies pour les installations essentielles à Gaza est en train de s'épuiser rapidement, a mis en garde dimanche un haut responsable de l’ONU.

«Au moins un hôpital a été forcé de fermer pendant quelques heures, et les services sont considérablement réduits dans d’autres», a déclaré Jamie McGoldrick, le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour le territoire palestinien occupé.

«Avec des coupures de courant d’environ 20 heures par jour, si le carburant n’arrive pas immédiatement, la vie des personnes sera en jeu, avec les patients les plus vulnérables, comme les cardiaques, les dialysés et les nouveau-nés en soins intensifs», a-t-il ajouté.
 

La situation humanitaire à Gaza - contrôlée par le Hamas, une faction palestinienne militante - a été négativement affectée par le blocus de l’enclave imposé par Israël.

Depuis lundi dernier, les autorités israéliennes ont interdit l’entrée de carburant à Gaza dans le cadre des restrictions renforcées à l’importation et à l’exportation, suite au lancement de cerfs-volants incendiaires de Gaza en Israël, qui a causé d'importants dégâts matériels.
 

M. McGoldrick a appelé Israël à mettre fin aux restrictions empêchant l’importation de carburant et aux bailleurs de fonds de fournir un financement immédiat pour le carburant d’urgence, qui devrait être épuisé au début du mois d’août.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hôpital Al Qods, qui réalise des interventions médicales vitales en faveur de 150 000 personnes par an, y compris les chirurgies majeures, les accouchements et les soins intensifs, sera obligé de fermer ses portes dans les jours à venir.
 

Quatre autres hôpitaux risquent de manquer de carburant dans les trois prochains jours, réduisant ainsi considérablement la fourniture de services médicaux essentiels à la population de Gaza.

Mesures d’urgence

Le ministère palestinien de la Santé a déjà mis en place des mesures d’urgence strictes: les hôpitaux ont réduit les services de diagnostic, de stérilisation et de nettoyage, augmentant ainsi le risque d’infection parmi les patients.

Les plus à risque, actuellement, sont plus de 2.000 patients dans les hôpitaux de Gaza, qui comptent sur les appareils électriques, y compris les nouveau-nés dans les incubateurs.
 

Plus de 1,27 million de personnes seraient directement touchées par les fermetures d’hôpitaux et une réduction de la fourniture d’interventions sanitaires vitales.
 

De plus, le fonctionnement réduit des installations d’eau et d’assainissement risque d’accroître les maladies et les flambées d’origine hydrique.

«Jusqu'à ce que des solutions plus durables à la crise de l’électricité à Gaza soient trouvées, deux mesures peuvent éviter de nouvelles dévastations à Gaza à court terme", a déclaré M. McGoldrick. "Israël doit laisser entrer le carburant et les autres fournitures essentielles et les donateurs doivent mobiliser des ressources pour faire en sorte que les installations essentielles reçoivent le carburant dont elles ont besoin."

Chaque mois, l’ONU distribue en moyenne 950 000 litres à quelque 220 hôpitaux et centres de santé essentiels; fournit les sites de traitement de l’eau et des eaux usées; ainsi que les  services de collecte des déchets solides.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.