Libye : les opérations de la compagnie nationale de pétrole ne doivent pas être entravées (Conseil de sécurité)

19 juillet 2018

Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies se sont félicités de l'annonce faite le 11 juillet de la reprise des activités de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) au nom de tous les Libyens.

Dans une déclaration de presse publiée jeudi, le Conseil de sécurité a souligné que les opérations de la NOC doivent se poursuivre « sans entraves pour tous les Libyens ».
Cette déclaration intervient deux jours après l'exposé fait le Représentant spécial du Secrétaire général en Libye, Ghassan Salamé, devant le Conseil de sécurité.

Après avoir entendu l’Envoyé de l’ONU dans le pays, les 15 membres du Conseil ont réaffirmé leur « attachement à la souveraineté de la Libye sur son territoire et ses ressources ». Ils ont également souligné que les ressources pétrolières libyennes doivent rester sous le contrôle exclusif du NOC ainsi que la nécessité pour le gouvernement d'union nationale (GNA) d'exercer un « contrôle unique et efficace » sur les institutions économiques et financières libyennes, sans préjudice des futurs arrangements en vertu de l'accord politique libyen (APL).

Les membres du Conseil de sécurité ont condamné les attaques menées par Ibrahim Jadhran contre l'infrastructure pétrolière en juin 2018. Ils ont rappelé que des personnes ou des entités engagées ou soutenant des actes menaçant la paix, la stabilité ou la sécurité de la Libye, conformément à la résolution 2213 (2015).

Ils ont rappelé à tous les États membres la condamnation par le Conseil, dans sa résolution 2362 (2017), des exportations illicites de pétrole, telles que le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés de Libye, et ont réitéré leur appel aux États membres pour qu'ils cessent de soutenir et d’avoir des contacts officiels avec les institutions parallèles qui revendiquent être l'autorité légitime, mais qui sont en dehors de l'APL.

Unifier les institutions économiques et financières du pays

Le Conseil de sécurité a noté l'importance que Ghassan Salamé attache à l'unification des institutions économiques et financières de la Libye et à l'accroissement de leur transparence. À cet égard, et à la lumière de la demande faite par le Premier Ministre Serraj au Conseil de sécurité, les membres du Conseil ont invité M. Salamé à présenter des propositions préliminaires, dans le contexte du Plan d'action de l'ONU, en tenant compte de son dialogue avec les parties libyennes.

Les membres du Conseil ont appelé les dirigeants libyens à saisir cette opportunité importante pour résoudre leurs différends à propos de la Banque centrale de Libye et ont encouragé leur travail vers l'unification des institutions libyennes dans le cadre de l'APL.

Les membres du Conseil ont fait part de leurs préoccupations concernant la mise en œuvre du gel des avoirs financiers libyens conformément à la résolution 1970 (2011) et aux résolutions pertinentes ultérieures.

Les Libyens appelés à travailler ensemble dans un esprit de compromis pacifique

Le Conseil de sécurité s’est déclaré préoccupé par la situation humanitaire, notamment à Derna et par la situation des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées, et ont appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire applicable.

Les membres du Conseil ont souligné qu'ils soutenaient pleinement les efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général pour faciliter un processus politique libyen sans exclusive et dirigé par la Libye, incluant la mise en œuvre du Plan d'action des Nations Unies.

Ils ont exhorté tous les Libyens à travailler ensemble dans un esprit de compromis pacifique et à engager de manière urgente et constructive les conditions techniques, législatives, politiques et de sécurité requises pour tenir des élections crédibles, inclusives et pacifiques. Ces élections doivent comprendre la participation et la représentation égales de femmes, pour construire une Libye unie et stable, ont-ils dit.

Le Conseil a rappelé les engagements pris par les dirigeants libyens, tels qu'énoncés dans la Déclaration de Paris du 29 mai, de travailler de manière constructive avec l'ONU à cette fin, notant que de nouveaux retards ou de nouvelles violences ne feraient que prolonger les souffrances du peuple libyen.

 

 

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