Nicaragua : le chef de l’ONU appelle au dialogue politique pour mettre fin à la crise

17 juillet 2018

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé à mettre fin immédiatement à la violence au Nicaragua et à relancer le dialogue politique pour mettre fin à la crise.

« Seule une solution politique est acceptable pour le Nicaragua. La violence n’apportera aucune solution », a dit M. Guterres lundi soir lors d’une conférence de presse conjointe avec le Président du Costa Rica, Carlos Alvarado Quesada, à San Jose, où il effectue une visite.

« L’Etat a pour responsabilité de protéger ses citoyens, et ce principe de base ne peut pas être oublié surtout quand, malheureusement, il y a un nombre de morts absolument choquant », a ajouté le chef de l’ONU.

Interrogé sur les mesures concrètes que pourrait prendre l’ONU, M. Guterres a déclaré que l’Organisation pouvait jouer un rôle de soutien aux efforts destinés à faciliter le dialogue.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a indiqué mardi que la violence au Nicaragua depuis le début des manifestations il y a trois mois a fait 280 morts et 1.830 blessés, principalement à cause d’éléments armés pro-gouvernementaux.

Les manifestations ont débuté suite à l’annonce de changements au système de retraite, qui ont ensuite été abandonnés, et ont ensuite évolué pour viser le gouvernement du Président Daniel Ortega.

« La police, des éléments armés et d'autres groupes violents ont procédé à des ‘opérations de nettoyage’ dans différentes parties du pays, enlevant de force les barricades érigées par les manifestants et les communautés locales », a noté le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d’un point de presse à Genève.

« La violence est d'autant plus horrible que des éléments armés fidèles au gouvernement opèrent avec le soutien actif ou tacite de la police et d'autres autorités de l'État », a-t-il ajouté. Le personnel du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies sur le terrain rapporte que toute une série de violations des droits de l'homme sont commises, notamment des exécutions extrajudiciaires, la torture, des détentions arbitraires et le déni du droit à la liberté d'expression.

Le HCDH s’inquiète notamment du sort de deux défenseurs des droits de l’homme, Medardo Maireno et Pedro Mena, « qui pourraient être victimes de disparition forcée ». La police les a arrêtés vendredi à l’aéroport de Managua et n’a pas depuis indiqué à leurs familles où ils se trouvaient. « Nous appelons les autorités nicaraguayennes à fournir des informations immédiates sur leur sort », a dit M. Colville.

Selon le porte-parole du HCDH, « dans un climat croissant de peur et de méfiance, on s'inquiète de plus en plus que la violence s'intensifie alors que le Nicaragua se prépare à célébrer le Jour de la Libération le jeudi 19 juillet en commémoration du renversement du régime Somoza en 1979 par les sandinistes ».

« Les effroyables pertes en vies humaines doivent cesser maintenant. Il est impératif que l'État nicaraguayen, qui a des obligations en vertu du droit international des droits de l'homme, garantisse le droit à la vie et à la sécurité de la population ainsi que le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique, et prenne des mesures concrètes dès que possible pour mettre fin à la crise et trouver une solution pacifique », a ajouté M. Colville.

 

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