RDC : des équipes du HCR ont entendu des récits de violences barbares en Ituri

13 juillet 2018

Des équipes de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont récemment pu accéder à la zone à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ravagée par des mois de conflit entre les groupes ethniques Hema et Lendu. Sur place, elles ont rencontré 150.000 personnes précédemment déplacées qui sont maintenant rentrées chez elles dans l’espoir de trouver leurs maisons.

« Les conditions de vie y sont dures », a déclaré le porte-parole du HCR, Charlie Yaxley, lors d’un point de presse vendredi à Genève. Selon lui, près de 350.000 personnes ont fui les violences, et celles qui sont rentrées chez elles, trouvent dans de nombreux cas, des villages et des maisons réduits en cendres - perpétuant leur statut de déplacés.

« Notre équipe a entendu sur place de nombreuses et effroyables informations de violence barbare, notamment des groupes armés attaquant des civils avec des fusils, des flèches et des machettes. Elle a aussi reçu des témoignages sur des villages entiers rasés, des fermes et des magasins pillés et endommagés sans espoir de réparation », a dit le porte-parole.

Sur place, les défis humanitaires sont énormes, avec des hôpitaux, des écoles et d’autres infrastructures importantes complètement détruits. Le HCR est particulièrement préoccupé par le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et qui ont besoin urgemment de soins médicaux.

Pendant ce temps, les conditions sur les sites de déplacés sont dans une situation désespérante. Dans de nombreux endroits, il n’y a pas d’eau potable, pas d’accès aux soins de santé et des installations sanitaires insuffisantes. Selon le HCR, la situation est particulièrement préoccupante sur le site de déplacés près de l’hôpital général de Bunia, où il existe un risque important de propagation des maladies. « Là, le taux de mortalité a augmenté. Plusieurs personnes ont été déclarées mortes en juin, alors que le nombre de personnes souffrant de maladies respiratoires et d’anémie augmente rapidement », fait remarquer Charlie Yaxley.

En attendant, le HCR fournit aux rapatriés et aux personnes déplacées, des kits d’abris d’urgence pour remplacer temporairement les maisons endommagées ou détruites. L’agence onusienne fournit également des subventions en espèces pour répondre aux besoins immédiats des déplacés vulnérables. Quelque 1.500 familles ont ainsi reçu en moyenne environ 210 dollars, selon la taille de leur foyer.

Par ailleurs, le HCR a également intensifié son travail d’engagement communautaire pour améliorer la cohésion sociale entre les différents groupes ethniques.

Cependant, ces efforts continuent d’être entravés par un manque de fonds.  L’appel humanitaire pour la RDC continue d’être « parmi les moins financés au monde ». À ce jour, le HCR n’a reçu que 17% des 201 millions de dollars demandés pour ses opérations congolaises. Dans ces conditions, l’agence onusienne  exhorte la communauté internationale à fournir des fonds supplémentaires et à prendre d’urgence des mesures pour répondre aux besoins immédiats de ceux qui ont été touchés par les violences.

 

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