Accord de l'UE sur les migrations : les agences de l’ONU prêtes à soutenir une approche commune

29 juin 2018

Les agences humanitaires des Nations Unies ont salué un accord sur les migrations conclu par les dirigeants de l'Union européenne (UE), qui demande à davantage d'États membres de prendre en charge les personnes qui ont besoin de protection, dans un contexte de durcissement des politiques d’accueil des migrants depuis 2015.

Dans une déclaration conjointe, l'Agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) et l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont déclaré que même si les détails de l'accord doivent être examinés, elles sont « prêtes à soutenir une approche commune ».

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a toutefois estimé que davantage de détails étaient nécessaires concernant la détention des mineurs et le traitement des demandes d'asile pour les jeunes.

S'exprimant à Genève, un porte-parole du HCR, Charlie Haley, a fait remarquer que cet accord intervient à un moment où plus de 1.000 personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée vers l'Europe pour la cinquième année consécutive.

M. Haley a noté la « responsabilité disproportionnée » qui pèse sur quelques Etats confrontés à cette crise migratoire de longue date, ce qui a conduit au refus d’accorder à des bateaux la possibilité de débarquer des centaines de personnes secourues en mer.

Ce qui est nécessaire, a ajouté le porte-parole du HCR, est « une approche unifiée qui s'éloigne de certaines des actions les plus récentes où les États cherchent unilatéralement à durcir ou à renforcer les frontières ou à restreindre l'accès à l'espace d'asile ».

Une partie cruciale de l'accord de l'UE implique la création de « points de débarquement régionaux » et de « centres de débarquement » supplémentaires pour les nouveaux arrivants.

Le porte-parole de l'OIM, Leonard Doyle, a déclaré que « la majorité » de ces centres de débarquement « devraient être en Europe », bien que ceux-ci pourraient être « potentiellement ailleurs ».

« Nous ne parlons pas de centres de traitement externes », a ajouté M. Doyle, notant un « accord spécifique pour partager la responsabilité et pas seulement dans les Etats en première ligne : Espagne, Italie, Chypre, Grèce, etc… ».

Actuellement, la Libye est un point de transit important pour les migrants et les réfugiés qui se dirigent vers l'Europe, mais l'ONU a averti à plusieurs reprises des violations des droits liées aux centres de détention dans ce pays - y compris l'esclavage - et aux trafiquants d'êtres humains.

Charlie Yaxley, du HCR, a également indiqué que l'agence « ne voudrait pas voir une augmentation du nombre de personnes emmenées en Libye » dans le « climat général d'anarchie et d'insécurité » qui prévaut encore dans ce pays.

Interrogée sur la manière dont les jeunes seraient traités selon les termes de l'accord, Sarah Crowe de l’UNICEF a déclaré que la « question de la détention » devait être clarifiée. « Les enfants ne devraient pas être détenus sur la base de leur statut migratoire, ce qui n'est jamais dans leur meilleur intérêt et profondément dommageable », a-t-elle déclaré.

Avant l'accord de l'UE, l’UNICEF a estimé qu'un « mécanisme européen de débarquement bien géré et prévisible pourrait sauver la vie des enfants », en plus d'accélérer les procédures d'asile et d'améliorer l'accès à l'aide judiciaire.

Environ 40.000 réfugiés et migrants sont arrivés en Europe via des routes maritimes jusqu'à présent cette année, selon l'OIM.

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