En Afghanistan, les préparatifs pour les élections continuent malgré des violences meurtrières (ONU)

26 juin 2018

Des hauts responsables onusiens sont intervenus mardi devant le Conseil de sécurité au sujet de l’Afghanistan, soulignant que les progrès potentiels sur le plan politique ne doivent pas faire oublier les problèmes persistants de la production de drogue et des violences meurtrières.

Devant le Conseil, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), Tadamichi Yamamoto, a parlé d’une période politique dynamique dans le pays.

Du 15 au 17 juin, le gouvernement et les Talibans ont respecté un cessez-le-feu, une première depuis 17 ans de conflit. Le Président Mohammad Ashraf Ghani a proposé une extension du cessez-le-feu, une initiative soutenue par la MANUA, mais les Talibans ont repris les hostilités.

Le Représentant spécial a relevé que beaucoup de choses avaient changé cette année sur la question de la paix en Afghanistan. Le gouvernement a dit être disposé à prendre part à des pourparlers de paix sans précondition le 28 février dernier, au cours du Processus de Kaboul pour la coopération en faveur de la paix et de la sécurité. Même si les Talibans n’ont pas officiellement répondu à cet appel, d’autres actions ont contribué à renforcer cette initiative. 

Elections législatives et présidentielle : plus de sept millions d’électeurs inscrits

En Afghanistan, les préparations sont en cours pour les prochaines élections législatives d’octobre et la présidentielle prévue le printemps prochain.

Depuis mi-avril dernier, plus de sept millions d’électeurs se sont inscrits, une réussite significative au vu des circonstances difficiles, notamment l’insécurité. Et c’est la première fois depuis 2003 que le pays mène un enregistrement complet des électeurs pour les élections législatives et présidentielle. L’objectif est d’avoir un fichier national d’électeurs unique qui peut produire des listes précises par bureau de vote. Cela devrait, à terme, réduire l’ampleur des fraudes.

M. Yamamoto a souligné toutefois que dans six provinces, moins de 35 % des électeurs se sont fait enregistrer. De plus, les inscriptions au sein des provinces sont inégales, car certaines zones voient peu d’inscrits du fait de l’insécurité. 

Au vu du caractère multiethnique du pays, l’exclusion de ces communautés pourrait conduire à des contestations sérieuses des résultats des scrutins. Le chef de la MANUA s'est toutefois félicité que le processus électoral soit mené cette fois-ci par les Afghans eux-mêmes.  Ces derniers partagent donc les responsabilités de la transparence et du caractère ouvert des élections. 

Aux dirigeants des partis politiques, M. Yamamoto leur a demandé d’être conscients qu’ils portent également une grande part de la crédibilité des élections. « Au lieu de se contenter de critiquer le processus, ils doivent s’engager activement afin de faire des élections un processus réellement mené par les Afghans », a-t-il dit. 

M. Yamamoto a annoncé la tenue d’une conférence ministérielle sur l’Afghanistan, organisée par l’ONU et le gouvernement afghan le 28 novembre à Genève. Les trois priorités de la conférence seront : examiner la capacité du pays à se prendre en charge et l’efficacité de l’aide ; les défis restant comme l’insécurité et le chômage ; et le lien entre les actions humanitaires à court terme et la coopération en faveur du développement.

Une soixantaine de personnes tuées dans des attentats en juin

De son côté, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a souligné que la production de drogue demeurait une préoccupation majeure en Afghanistan avec des effets potentiellement déstabilisateurs pour le pays et la région.

Le chef du Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme, Vladimir Voronkov, a déploré pour sa part la poursuite des violences meurtrières en Afghanistan.

Selon la MANUA, 5.675 incidents de sécurité ont eu lieu entre le 15 février et le 15 mai, dont les derniers attentats suicides perpétrés les 11, 16 et 17 juin qui ont tué une soixantaine de personnes et blessé quantité d’autres. Ces attaques ciblent les fonctionnaires, la police et les forces de sécurité afghanes et des civils, semant la peur dans le pays.

L’Afghanistan, a recommandé M. Voronkov, doit continuer de demander une assistance technique juridique pour renforcer son système de justice pénale afin de lutter contre le terrorisme. Après une mission en Afghanistan, le Comité contre le terrorisme a identifié en octobre dernier 24 domaines prioritaires pour l’assistance, dont la répression et la sécurité aux frontières, et la lutte contre dont le financement du terrorisme et la radicalisation.

M. Voronkov a expliqué que son bureau a eu des pourparlers avec le gouvernement afghan pour voir de quelle façon il peut répondre au mieux aux besoins du pays pour prévenir l’extrémisme violent. Plusieurs activités ont déjà été entreprises pour engager les communautés à cet égard, et préparer un plan national de lutte contre l’extrémisme violent.

 

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