Réfugiés palestiniens : l’ONU appelle à combler le déficit de financement de l’UNRWA

25 juin 2018

Lors d’une conférence d’annonces de contributions à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) à New York, le chef de l’ONU a exhorté lundi la communauté internationale à unir leurs efforts pour combler le déficit de financement auquel est confrontée l’agence onusienne.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser vaciller les efforts vitaux de l'UNRWA », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres. « L'incapacité de fournir des ressources désespérément nécessaires a un prix. Plus de difficultés pour les communautés. Plus de désespoir pour la région. Plus d'instabilité pour notre monde », a-t-il prévenu.

L’UNRWA, qui est financé presque exclusivement sur la base des contributions volontaires des États membres, opère actuellement avec un déficit de 250 millions de dollars en raison d’une réduction significative de son financement, notamment de la contribution américaine. A moins d’obtenir des contributions supplémentaires, les fonds seront épuisés d’ici à la fin de l’été, prévient l’agence.

« Dans toute la région, des millions de réfugiés palestiniens comptent sur nous pour soulager leurs souffrances et les aider à construire un avenir meilleur. Ils comptent sur nous pour agir maintenant », a dit le Secrétaire général, appelant la communauté internationale à réaliser un « investissement judicieux pour aujourd'hui et pour l'avenir ».

Un travail vital pour l’éducation, la santé et l’autonomisation économique

Etabli par l’Assemblée générale en 1949, l’UNRWA a pour mandat de fournir assistance et protection aux 5,3 millions de réfugiés palestiniens enregistrés à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie, au Liban et en Jordanie.

Pendant des décennies, l'éducation de haute qualité de l'UNRWA a établi la norme dans la région. « La parité entre les sexes est la norme dans les écoles depuis des générations, un accomplissement extraordinaire partout, et encore plus dans une région qui lutte sur cette question », a souligné M. Guterres.

Les soins de santé de l'UNRWA ont permis d’atteindre une vaccination quasi universelle. L’aide alimentaire de l’agence auprès de 1,7 million de réfugiés maintient la faim à distance.

Les programmes de microfinancement de l'UNRWA ont investi 500 millions de dollars dans les petites entreprises, l'accent étant mis sur les ménages dirigés par des femmes, ce qui a permis aux familles palestiniennes de sortir de la pauvreté. « Tous ces efforts ont eu lieu dans un environnement de difficultés économiques chroniques et de conflits », a rappelé le chef de l’ONU.

Des financements alternatifs qui ne suffisent pas à combler le déficit

Suite à la réduction de la contribution américaine, l’UNRWA a réagi rapidement à sa crise financière en recherchant tous les outils de financements à sa disposition.

Lors d’une conférence ministérielle extraordinaire à Rome le 15 mars et du sommet de la Ligue des États arabes à Dammam le 15 avril, de nombreux autres pays ont intensifié leurs efforts envers l’agence onusienne.

Grâce à un nouveau financement de 200 millions de dollars, l’UNRWA a pu maintenir ses services vitaux. Dans le même temps, il a pris des mesures extraordinaires pour réduire ses dépenses de 92 millions de dollars supplémentaires.

L’UNRWA a également lancé une campagne mondiale ‘La dignité n’a pas de prix’ pour recueillir des fonds auprès des particuliers et a reçu des fonds du Fonds central d'intervention d’urgence de l’ONU (CERF). L’agence est également en train de mettre en place un fonds fiduciaire avec la Banque mondiale et la Banque islamique de développement est en train d'élaborer un fonds de dotation tel que proposé par l'Organisation de la coopération islamique.

« Avec le temps, je pense que ces efforts créeront une base de financement durable pour l'avenir de l'UNRWA », a dit M. Guterres. « Mais ces efforts novateurs ne suffiront pas à combler complètement le déficit de financement cette année », a-t-il prévenu.

« Nous n'avons pas besoin de chercher plus loin que Gaza pour voir des gens qui souffrent depuis trop longtemps et dont l'existence devient de plus en plus précaire de jour en jour », a dit le Secrétaire général. « Nous ne devons pas les abandonner. Nous devons tout faire pour que la nourriture continue d'arriver, que les écoles restent ouvertes et que les gens ne perdent pas espoir ».

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

La santé des réfugiés palestiniens n'est pas possible sans paix, justice et dignité (UNRWA)

Soixante-dix ans après les déplacements forcés de centaines de milliers de Palestiniens connus sous le nom de ‘Nakba’, l’UNRWA souligne l’importance de poursuivre les services de santé vitaux qu’il fournit aux réfugiés de Palestine dans un contexte toujours aussi difficile.