L’ONU rend hommage aux veuves souvent stigmatisées et ignorées

23 juin 2018

La perte d'un conjoint ou d’un partenaire est souvent dévastatrice, mais pour de nombreuses femmes cette perte est amplifiée par la nécessité de lutter pour leurs besoins fondamentaux, leurs droits et leur dignité, souligne ONU Femmes à l’occasion de la Journée internationale des veuves.

Sur son site web consacré à la Journée, les Nations Unies estiment que les abus auxquels sont confrontés les veuves et leurs enfants sont aujourd’hui “l'une des violations les plus graves des droits humains” et un obstacle au développement

 “Nous devons considérer à la fois le rôle vital que jouent les veuves dans notre société, la façon dont l'inégalité entre les sexes influe sur leur capacité à s'épanouir et la reconnaissance et l'attention spécifiques dont elles ont besoin de notre part”, a souligné Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d'ONU Femmes dans un message.

Dans de nombreuses régions du monde, lorsque le mari d'une femme meurt, elle est laissée sans ressources - souvent analphabète ou sans éducation, sans accès au crédit ou à d'autres ressources économiques - ce qui la rend incapable de subvenir à ses besoins ou à ceux de sa famille, selon l’ONU.

ONU Femmes note que près d'un veuve sur dix dans le monde vit dans l'extrême pauvreté.

“Lorsque les veuves avec de jeunes enfants perdent leurs biens, leurs revenus, en particulier en l'absence de soutien pour le travail non rémunéré, elles peuvent être obligées de sortir leurs filles de l'école pour qu’elles travaillent ou les aident à s'occuper de leurs frères et soeurs et des travaux ménagers”, a souligné Mme Mlambo-Ngcuka. “C'est ainsi que l'inégalité entre les sexes se perpétue”.

En 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de rendre hommage chaque 23 juin aux millions de conjoints vivants qui endurent l'extrême pauvreté, l'ostracisme, la violence, l'itinérance et la discrimination.

Alors que la violence contre les femmes est l'une des violations les plus répandues des droits humains, les veuves peuvent être particulièrement à risque.

Dans de nombreux pays, les veuves se retrouvent victimes de violences physiques et mentales - y compris d'abus sexuels - liées à des litiges successoraux et fonciers.

De plus, elles souffrent souvent d'une mauvaise alimentation, d'un logement inadéquat et de la vulnérabilité à la violence, ainsi qu’à un manque d'accès aux soins de santé.

 

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