Yémen : des centaines de milliers de civils en danger à Hodeïda (ONU)

22 juin 2018

Près d’une semaine après le début des hostilités à Hodeïda, au Yémen, des centaines de milliers de civils restent en danger, a prévenu ce vendredi la Coordinatrice humanitaire de l’ONU pour ce pays, Lise Grande, qui s’est dite inquiète pour cette ville portuaire où les conditions étaient « parmi les pires du pays » même avant le début des combats.

Selon elle, 25% des enfants de Hodeïda souffrent de malnutrition aiguë. « Si le soutien nutritionnel des partenaires humanitaires est perturbé, la vie de plus de 100.000 enfants serait menacée », a-t-elle averti.

L’ONU rappelle également que Hodeïda a été l’un des épicentres de l’épidémie de choléra de l’an dernier, l’une des pires de l’histoire moderne.

En attendant, les travailleurs humanitaires continuent de se mobiliser pour soutenir les habitants de la ville. Ils sont toujours sur le terrain, distribuant partout de l’aide. « Nous resterons à Hodeïda aussi longtemps que les conditions le permettront. Nous avons déchargé de la nourriture au port », a dit la Coordinatrice humanitaire. Dès que les conditions le permettent, les organismes humanitaires s’empressent « de remplir autant que possible les stocks d’urgence ».

Les partenaires ont établi dix points de service humanitaire. Ils ont distribué des boîtes alimentaires et des trousses d’urgence aux familles déplacées. « Nous avons également prépositionné suffisamment de carburant pour aider à faire fonctionner les points d’eau, les usines de traitement et les hôpitaux. Chaque jour, nous aidons à fournir plus de 46 millions de litres d’eau », a ajouté Mme Grande.

Par ailleurs, onze équipes de santé ont été envoyées dans des centres de santé à Hodeïda. « De toutes les choses qui nous préoccupent, le choléra est en tête de liste. Ça ne serait pas trop difficile pour provoquer une nouvelle flambée épidémique imparable », a précisé la Coordinatrice humanitaire. « Si le système d’eau dans un seul quartier tombe en panne et si rien ne peut être fait pour remédier immédiatement à la situation, le choléra pourrait se répandre à la vitesse de l’éclair ».

Les Nations Unies considèrent le Yémen comme la pire crise humanitaire au monde et ont appelé toutes les parties au conflit à faire tout leur possible pour protéger les civils et les infrastructures civiles, y compris le port de Hodeïda, principal point d’entrée de l’aide humanitaire dans le pays.

L’ONU et ses partenaires demandent 3 milliards de dollars dans le cadre de leur Plan de réponse humanitaire de 2018 pour venir en aide à 22,2 millions de personnes dans le besoin. À ce jour, 1,5 milliard de dollars, soit la moitié des ressources nécessaires pour l’année, a été reçu.

 

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