A Québec, le chef de l’ONU lance un cri d’alarme face à l’état critique de nos océans

9 juin 2018

Au Sommet du G7 qui se déroule à La Malbaie, au Québec, le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres s’est félicité samedi de l’adoption de la « charte zéro déchet plastique » par les 7 pays les plus industrialisés de la planète.

« Quelque 8 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les océans chaque année. Si nous ne changeons pas de cap, ils pourraient dépasser le poids de l'ensemble des poissons des océans d'ici 2050 », a affirmé António Guterres, ajoutant qu’il existe dans le Pacifique une masse de plastique plus grande que la France.

ONU Journée mondiale des océans/Joerg Blessing
Des raies manta à Bali, en Indonésie, naviguent à travers la pollution plastique.

Le chef de l’ONU a déploré que les déchets plastiques sont désormais présents dans les régions les plus reculées de la planète, qu’ils tuent la vie marine et nuisent aux communautés qui dépendent de la pêche et du tourisme.

Faire plus pour les océans

António Guterres a toutefois lancé un cri d’alarme appelant à faire « beaucoup plus » en faveur des océans.

Nous sommes dans une bataille et nous perdons sur tous les fronts — António Guterres  

« Détrompez- vous, nous sommes dans une bataille et nous perdons sur tous les fronts » a affirmé M.Guterres, signalant que la surpêche handicap les stocks de poissons, que la pollution provenant des terres génère des zones mortes côtières , et que 80% des eaux usées sont rejetées dans la mer sans traitement.

L’impact croissant du changement climatique aggrave ces problèmes, a ajouté le Secrétaire général, expliquant que l'acidification des océans perturbe la chaîne alimentaire marine, et que les températures des océans sont à des niveaux records, tuant les récifs coralliens et créant des tempêtes plus violentes et plus fréquentes.

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« Beaucoup de ces personnes sont vulnérables non seulement aux tempêtes, mais aussi à la montée du niveau et à l'érosion côtière », a averti M.Guterres, précisant que 40 pourcent des personnes vivent à moins de 100km des zones côtières, et que les nations insulaires de faible altitude sont confrontées aux inondations, de même que plusieurs grandes villes côtières .

« Je suis ici aujourd'hui, pour sonner l'alarme, pour injecter un sentiment d'urgence réelle dans vos délibérations et votre prise de décision » a-t-il affirmé.

Nous avons un plan de bataille

Le Secrétaire général a affirmé que le monde dispose d’un « plan de bataille » pour affronter ces grands défis, dont le « guide » est l’objectif 14 des Objectifs de développement durables (ODD) à l’horizon 2030, qui traite de la lutte contre la pollution marine et l'acidification à la cessation de la surpêche et la protection des écosystèmes, et dont le «cadre juridique », la Convention sur le droit de la mer.

Kadir van Lohuizen/NOOR/PNUE
Les écosystèmes des récifs coralliens abritent 25% de la vie marine et nourrissent des centaines de millions de personnes. Un récif en bonne santé dans la baie de Molinere dans une aire marine protégée en Grenade.

« Votre leadership est plus nécessaire que jamais » a insisté M.Gutteres, appelant les dirigeants des sept pays à faire plus pour lutter contre la pollution d’origine terrestre, créer des zones marines protégées, renforcer la résiliences des écosystèmes et communautés côtières, mais surtout pour lutter contre le changement climatique.

« Je vous appelle donc tous à prendre ces menaces à notre environnement mondial au sérieux et à comprendre que notre avenir et notre sécurité sont en jeu », a conclu António Guterres.