L’ONU signe un accord avec le Myanmar pour permettre le retour des réfugiés rohingyas

6 juin 2018

Deux agences des Nations Unies ont signé mercredi avec le gouvernement du Myanmar un accord historique qui a pour objectif de permettre à des centaines de milliers de réfugiés rohingyas se trouvant dans des camps surpeuplés au Bangladesh de rentrer chez eux.

Avant la signature de cet accord, Knut Ostby, Coordonnateur résident et humanitaire de l'ONU au Myanmar, a déclaré dans un entretien exclusif à ONU Info que les deux conditions les plus importantes pour leur retour volontaire et en toute sécurité sont les droits de citoyenneté et la fin de la violence.

« Les gens ont besoin d'avoir une identité, ils doivent pouvoir exister en tant que personnes normales dans la société, ils doivent pouvoir se déplacer pour pouvoir profiter des services et avoir des moyens de subsistance », a-t-il déclaré.

« Et il doit y avoir une absence de violence. Les gens doivent pouvoir retourner en paix », a-t-il ajouté.

Depuis août dernier, quelque 700.000 Rohingyas, majoritairement musulmans, ont fui l'État de Rakhine, au Myanmar, qui est en majorité bouddhiste, pour le Bangladesh voisin. La plupart ont dit qu'ils fuyaient la violence et la persécution, y compris une campagne militaire menée par les forces armées du Myanmar et qui a débuté en réponse à de violentes attaques par des insurgés rohingyas.

Le protocole d'accord, qui a été officiellement signé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le gouvernement du Myanmar, permettra à ces deux agences de l'ONU d'accéder à l'État de Rakhine, y compris aux lieux d'origine des réfugiés et aux nouvelles zones de peuplement potentielles auxquelles l'ONU n'a pas pu accéder depuis que la violence s'est intensifiée à la fin du mois d'août dernier.

« C'est une première étape très importante, mais c'est maintenant que le travail vraiment important commence », a déclaré M. Ostby. « C'était une crise majeure l'année dernière. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions vraiment horribles aujourd'hui, et nous devons vraiment faire de notre mieux pour les aider, afin qu'elles puissent rentrer chez elles ».

Le chef de l'ONU se félicite de l'accord

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué la signature de cet accord qui doit permettre « la création de conditions propices aux retours volontaires, sûrs, dignes et durables » des réfugiés rohingyas, a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Le chef de l’ONU « encourage le Myanmar à prendre des mesures décisives pour mettre en œuvre l'accord », a-t-il ajouté.

M. Guterres a demandé une nouvelle fois que la violence cesse, que les responsables rendent des comptes, que les victimes reçoivent des réparations, qu’il y ait un accès humanitaire dans toutes les régions de l'État de Rakhine et que les recommandations de la Commission consultative de Rakhine soient mises en oeuvre.

Photo UNICEF/Brian Sokol
Des réfugiés rohingyas affrontant la pluie dans le camp de Balukhali, dans le district de Cox's Bazaar, au Bangladesh, en mai 2018.

Le HCR va évaluer les conditions locales pour le retour des réfugiés

L'accès humanitaire dans l'Etat de Rakhine permettra au HCR d'évaluer les conditions locales et d'aider les réfugiés à prendre des décisions informées sur un retour volontaire.

L'accord permettra également au HCR et au PNUD d'évaluer les besoins des communautés affectées et de renforcer la capacité des autorités locales à soutenir le processus de rapatriement librement consenti.

La Commission consultative sur l'État de Rakhine - organe neutre et impartial composé de six experts locaux et de trois experts internationaux, présidé par l'ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan - a proposé des mesures concrètes pour améliorer le bien-être de toutes les populations dans l'État de Rakhine.

Ses recommandations comprennent l'établissement d'une voie claire et volontaire vers la citoyenneté et la garantie de la liberté de mouvement pour toutes les personnes, quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou leur statut de citoyen.

Les Rohingyas ne se sont vu accorder aucun niveau de citoyenneté ni aucun droit de citoyenneté, ce qui constitue un obstacle majeur à leur retour chez eux.

 

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