Sahel : la Suède soutient les agriculteurs et éleveurs frappés par la sécheresse (FAO)

31 mai 2018

La Suède a accordé une contribution de 9,9 millions de dollars pour venir en aide aux agriculteurs et aux éleveurs frappés par la sécheresse au Sahel, a annoncé jeudi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L’aide acheminée à travers la FAO par l'intermédiaire de l'Agence suédoise de développement international (ASDI) prêtera particulièrement attention au cas du Burkina Faso et du Mali.

« Cette contribution permettra de soutenir les moyens d'existence des familles lorsqu'elles en ont le plus besoin. Il s'agit de la période où les greniers des familles se vident très vite et où les éleveurs cherchent désespérément du fourrage », a déclaré Dominique Burgeon, Directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation de la FAO et Chef du programme stratégique de la FAO sur la résilience.

L'ASDI est un partenaire majeur du programme de résilience de la FAO au Sahel et à l'échelle mondiale. Les contributions de l'ASDI interviennent généralement sur plusieurs années afin de donner assez de temps pour renforcer la résilience des populations affectées.

« Ce qui distingue cette contribution des autres est qu'elle nous permettra de soutenir les communautés vulnérables lors des deux prochaines années, de manière à ce qu'elles puissent se rétablir et renforcer leurs capacités afin de mieux faire face aux chocs à venir », a ajouté M. Burgeon. « La FAO salue également l'aide de la Suède aux communautés vivant dans la région du Sahel, qui intervient alors qu'elles en ont de plus en plus besoin ».

Photo: OMM
Au Sahel, plusieurs vagues de sécheresse en 2017 ont ravagé les cultures et le bétail des agriculteurs

Le Burkina Faso et le Mali les plus touchés par la sécheresse

L’aide de Stockholm intervient suite à l'appel émis par la FAO exhortant à soutenir 4 millions de personnes au Sahel. La région fait face à de plus en plus de difficultés après avoir connu plusieurs vagues de sécheresse en 2017 qui ont ravagé les cultures et le bétail des agriculteurs.

Des six pays de la bande sahélienne, le Burkina Faso et le Mali sont les plus touchés. D'ici les prochains mois, ils devraient être plus d'un million à faire face à des pénuries alimentaires dans les deux pays réunis.

Au Burkina Faso, la contribution de l'ASDI permettra à la FAO de procéder à des transferts d'argents inconditionnels, d'atteindre près de 60.000 personnes et de couvrir les besoins alimentaires et autres besoins urgents pendant la saison creuse, qui s'étale du mois de mai à celui d'août.

En outre, plus de 24 000 personnes bénéficieront de transferts d'argent en échange de travaux effectués, il s'agira notamment de réhabiliter les points d'eaux ou encore de restaurer les routes et terres dégradées. Chacun d'entre eux bénéficiera d'une aide pour relancer ses moyens d'existence. Il sera notamment question de semences et d'outils pour cultiver des céréales et des légumes et planter des arbres tels que le moringa et le baobab, qui peuvent contribuer à leurs besoins nutritionnels.

Les éleveurs recevront du fourrage et des animaux (des moutons, des chèvres, de la volaille ou encore des cochons) pour reconstituer leur cheptel face aux prévisions annonçant une hausse de la mortalité du bétail (de 2 à 8 pour cent) cette année.

Au Mali, près de 24 000 personnes bénéficieront de la réhabilitation des petites infrastructures d'irrigation pour l'agriculture, du rétablissement des pâturages et des forages pour le bétail, ainsi que  des activités transversales d'éducation en matière de nutrition et de protection sociale (des transferts productifs).

Des besoins croissants au Sahel

Les communautés vivant dans les six pays de la région Sahel - le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal - peinent à se remettre de la période de sécheresse qui les a frappé l'année dernière. A cela s'ajoute la hausse des prix des produits alimentaires, les conflits et la perturbation des marchés qui a entraîné la pire saison creuse que la région ait connue en quatre ans.

Les éleveurs ont été particulièrement affectés, alors que de nombreuses zones de pâturages se sont asséchées, laissant peu ou pas du tout de nourriture pour leurs animaux. Cela peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé et la nutrition des populations. Cela peut également conduire à une hausse des conflits et intensifier les risques d'épidémies transfrontalières lorsque les éleveurs déplacent leurs animaux vers de nouvelles zones et sont en rivalité pour des pâturages qui se font de plus en plus rares.

Plus de 4 millions de personnes, dont 3 millions d'éleveurs et d'agropasteurs vivant dans ces six pays, ont besoin d'une aide alimentaire de manière urgente. D'ici les prochaines semaines, ce chiffre pourrait s'élever à 7 millions.

La FAO travaille en étroite collaboration avec l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM) afin de répondre aux besoins immédiats des communautés sahéliennes et de relever leurs défis structurels sur le long terme.

Cette année, l'agence onusienne a également pour objectif de venir en aide à un million d'agriculteurs et d'éleveurs dans ces six pays en distribuant du fourrage pour leur bétail, en réhabilitant les points d'eaux, en restaurant les pâturages, en vaccinant le bétail, en mettant en œuvre des programmes de rémunération contre travail, en soutenant la production alimentaire et en engageant un dialogue transfrontalier en vue de réduire les conflits.

La FAO travaille aussi à renforcer la résilience de près d'un demi-million d'éleveurs sur le long terme.

 

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