A Vienne, l’ONU déplore que les droits de l’homme ne soient plus une priorité dans le monde

22 mai 2018

Lors du 25e anniversaire de la Déclaration de Vienne sur les droits de l'homme, le chef des droits de l’homme de l’ONU a dénoncé mardi la régression des droits de l’homme dans le monde, y compris en Europe, et appelé à résister aux sirènes du racisme, de la division ethnique et du populisme.

Le 25e anniversaire de la Déclaration de Vienne sur les droits de l'homme aurait pu être l'occasion « d'une célébration polie » des nombreuses réalisations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Mais pour Zeid Ra'ad Al Hussein, « l’heure n'est pas à la complaisance soporifique » alors que le monde semble revenir « en arrière » en matière de droits de l’homme.

Nationalisme, mépris pour les droits des réfugiés et des migrants, guerres régionales par procuration, utilisation d’armes chimiques, discours racistes et xénophobes soigneusement dissimulés sous l'apparence de la démocratie et de la primauté du droit, déni du droit des femmes, criminalisation des voix critiques et dissidentes : M. Zeid a étayé la longue liste non exhaustive des atteintes aux droits de l’homme en cours.

« Les droits de l'homme sont sous pression dans le monde - ils ne sont plus une priorité », a déploré le Haut-Commissaire.

M. Zeid a également alerté sur le fait que la légitimité des principes des droits de l'homme soit attaquée et que la pratique des normes relatives aux droits de l'homme soit en retrait.

En Europe, la rhétorique de haine et de division a le vent en poupe

A Vienne, Zeid Ra'ad Al Hussein a souligné la régression des droits de l’homme partout dans le monde, notamment sur le continent européen.

« Ici, en Europe, les partis ethno-populistes sont en pleine ascension dans de nombreux pays - alimentant la haine et marquant leurs sociétés avec des divisions de plus en plus profondes », a alerté le chef des droits de l’homme de l’ONU.

« Là où ces partis ont acquis le pouvoir, ils ont cherché à saper l'indépendance du pouvoir judiciaire et à faire taire de nombreuses voix critiques dans les médias indépendants et la société civile. Ils ont propagé des visions déformées et fausses des migrants et des défenseurs des droits de l'homme. Presque partout, dans toute l'Europe, la haine qu'ils dirigent contre les migrants s'est infiltrée dans les partis traditionnels et a faussé le paysage politique en faveur d'une violence et d'une souffrance accrues », a souligné le Haut-Commissaire.

Se référant à l’Autriche, Zeid Ra'ad Al Hussein a ajouté que « dans ce pays - qui, plus que tout autre, devrait être conscient des dangers de la rhétorique de division ethnique (…), des déclarations fausses et incendiaires ont été prononcées qui sont fondamentalement en contradiction avec la Déclaration de Vienne ».

Défendre la Déclaration de Vienne pour ce « qu’elle représente véritablement »

En 1993, la communauté internationale a prononcé la Déclaration de Vienne sur les droits de l’homme.

Fortement influencée par les atrocités commises en ex-Yougoslavie, cette déclaration a défini les grandes lignes des droits de l'homme de l'après-guerre froide et mis en branle la création du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

25 ans plus tard, Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé le monde à rester fidèle aux principes de cette Déclaration.

« Il n'y aura de paix pour aucun pays tant qu'il n'y aura pas respect et justice. Il n'y aura pas de prospérité durable à moins que tous puissent en bénéficier », a-t-il dit. « L'égalité et la dignité humaines sont le chemin vers la paix dans le monde : la voie du patriotisme réel, la construction de sociétés fondées sur l'harmonie, et non sur la division et la haine ».

Depuis la capitale autrichienne, M. Zeid a exhorté le monde à se mobiliser pour défendre à travers un « engagement féroce et passionné » ce que la Déclaration de Vienne représente véritablement.

« Nous devons repousser les ennemis, les destructeurs, les isolationnistes et les ethno-nationalistes. Nous devons aller de l'avant, avec défiance, pour faire en sorte que ces droits indivisibles, universels, interdépendants et interdépendants puissent se construire mutuellement pour façonner un monde de bien-être et de sécurité », a dit le Haut-Commissaire. « Il n'y a pas de temps à perdre ».

 

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