Libye : l’envoyé de l’ONU souligne la soif de renouvellement politique exprimée par la population

21 mai 2018

Les discussions sur l’avenir de la Libye organisées auprès de la population à travers le pays indiquent que les citoyens « aspirent à une nation unie et souveraine », a déclaré lundi l’envoyé de l’ONU en Libye devant le Conseil de sécurité à New York.

Le Représentant spécial de l'ONU, Ghassan Salamé, a rappelé qu’une ‘Conférence nationale’ avait été lancée en avril, afin de permettre à tous les Libyens de s’exprimer sur des solutions à la crise que traverse le pays. Jusqu'à présent, des discussions ont été organisées dans 27 endroits différents, attirant des milliers de participants.

Cette ‘Conférence nationale’ fait partie d'un plan d'action de l'ONU qui prévoit la modification de l'accord politique libyen de 2015, aujourd’hui au point mort et qui visait notamment à établir un gouvernement unique d'union nationale.

Selon M. Salamé, des Libyens de tout bords politiques et secteurs de la société ont participé à cette conversation politique, « beaucoup pour la première fois, et avec un enthousiasme qu’on ne pouvait pas prévoir ».

Une fois que ces réunions seront terminées fin juin, les résultats seront recueillis et partagés lors d'un événement spécial.

Déjà, des points de consensus de ce vaste processus consultatif ont commencé à se cristalliser.

Ghassan Salamé a noté un fort désir d’une nation unie et souveraine et d’un Etat plus décentralisé ; d'une distribution plus équitable, plus transparente et plus efficace des ressources publiques au profit de tous les citoyens ; et d'institutions étatiques unifiées, travaillant de manière transparente, avec des dirigeants sélectionnés en fonction de leur compétence.

Le Représentant spécial a aussi noté le souhait d’une armée unifiée et professionnelle, ainsi que d’un système sécuritaire cohérent et libre de toute interférence politique. Les Libyens souhaitent aussi des élections capables d’unifier le pays et, enfin, sortir de la transition.

Selon lui, c’est pour cette raison que les progrès du processus politique sont cruciaux. « L’opinion publique éprouve un fort désir de renouvellement de la scène politique, de l'affirmation du pouvoir local et d’un retour à une vie plus », a-t-il dit.

M. Salamé a indiqué que des élections doivent se tenir le plus rapidement possible, mais que les conditions pour se faire doivent toutefois être mises en place. Il a notamment dit la nécessité de procéder à un nouveau cycle d’inscription d’électeurs et d’assurer l’engagement des parties à accepter le résultat du scrutin, sans oublier les besoins en matière de financement et de sécurité.

De plus, la Chambre des représentants doit adopter une législation électorale jugée acceptable par la majorité des habitants, les Nations Unies étant prêtes à fournir des conseils en la matière.

Le Représentant spécial a enfin indiqué que les opinions divergent de manière notable en ce qui concerne l’actuel projet de constitution, certains souhaitant procéder directement au référendum, tandis que d’autres réclament des amendements, le retour à une constitution préalable, ou des garanties.

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