L’ONU réclame une enquête sur les meurtres de trois défenseurs des droits de l’homme au Guatemala

18 mai 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré vendredi préoccupé par l’apparente détérioration du climat pour la défense des droits de l’homme au Guatemala, alors qu’au cours des dix derniers jours trois défenseurs travaillant avec des organisations sur les droits des paysans et des peuples autochtones ont été assassinés.

« Nous appelons les autorités à enquêter rapidement sur ces meurtres et d’autres attaques et menaces contre des défenseurs des droits de l'homme, et à veiller à ce que les responsables présumés répondent de leurs actes », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève.

« Nous exhortons également l'État à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer aux défenseurs des droits de l'homme un environnement sûr et propice à l'exercice de leur travail, à l'abri des menaces et des attaques », a-t-elle ajouté.

Le 9 mai, Luis Marroquín du Comité de Desarrollo Campesino (Codeca), une organisation de la société civile travaillant sur les droits des paysans et des peuples autochtones, a été tué dans la ville de San Luis Jilotepeque Jalapa. Le 10 mai, José Can Xol, un dirigeant de la communauté du Comité Campesino de Desarrollo del Altiplano (CCDA), a été assassiné dans la communauté de Choctún Basilá à Cobán, Alta Verapaz. Et le 13 mai, un autre membre du CCDA, Mateo Chamán Paau, a été assassiné dans la communauté de San Juan Tres Ríos à Cobán, Alta Verapaz.

Les deux dernières communautés, Choctún Basilá et Tres Ríos, sont impliquées dans des processus visant à garantir les droits fonciers et ont travaillé avec le gouvernement sur un accord visant à résoudre plus de 50 conflits fonciers dans le pays. D'autres membres de ces organisations ont également subi des menaces et des attaques au cours des derniers mois, qui ont été documentées par le Bureau des droits de l'homme des Nations Unies.

« Nous partageons les profondes inquiétudes concernant la protection des peuples autochtones qui revendiquent des droits fonciers, comme l'a exprimé Victoria Tauli-Corpuz, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, lors de sa visite au Guatemala au début du mois », a dit la porte-parole du HCDH. « Nous avons également observé avec inquiétude des campagnes de dénigrement contre les journalistes indépendants et les médias, les autorités judiciaires, les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l'homme et d'autres acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption et l'impunité passées et présentes ».

Le HCDH appelle le gouvernement du Guatemala à aborder ces questions dans le cadre de ses efforts visant à renforcer l'Etat de droit, la protection des droits à la liberté d'expression et à l'indépendance de la justice, et la lutte contre l'impunité et la corruption.

« Nous espérons que le gouvernement honorera son engagement d'avancer avec l'adoption d'une politique publique sur la protection des défenseurs des droits de l'homme, avec la participation de la société civile aux niveaux local et national. Nous réitérons également l'appel lancé par le Haut-Commissaire pour que le gouvernement renforce l'Unité interinstitutionnelle d'analyse des schémas d'attaques contre les défenseurs des droits de l'homme », a dit Mme Shamdasani.

 

 

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