Lutte contre l’homophobie : l’OIT appelle à mettre fin à la discrimination au travail

18 mai 2018

L’Organisation internationale du travail (OIT) a appelé à mettre fin à la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans le monde du travail, à l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie célébrée jeudi 17 mai.

« Quand la discrimination s’exerce contre les personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées), ce ne sont pas uniquement ces personnes qui en souffrent ; ce sont aussi des familles, des entreprises et des pays entiers », a dit le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, dans une déclaration à la presse publiée jeudi

« Chacun de nous a un rôle à jouer afin que cette aspiration devienne une réalité pour tous les travailleurs, abstraction faite de leur orientation et de leurs caractéristiques sexuelles et de leur identité ou expression de genre », a-t-il ajouté.
Selon le chef de l’OIT, un obstacle de taille à surmonter est la violence et le harcèlement dans le monde du travail. « La tâche est d’une telle ampleur que, pour s’y atteler, il faut une vaste alliance de partenaires résolument déterminés à œuvrer ensemble à l’élimination du harcèlement sexuel et d’autres formes de violence dans le monde du travail, qui s'exercent notamment et de manière disproportionnée contre les personnes LGBTI », a-t-il dit, ajoutant qu’il est acquis que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre est « un facteur de violence et de harcèlement dans le monde du travail ». 
Pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail, les mandants de l’OIT – les gouvernements et les organisations d'employeurs et de travailleurs – ont engagé un processus qui pourrait aboutir à la première ou aux premières normes internationales du travail consacrées à cette question d’ici à 2019, année des commémorations du centenaire de l’Organisation.
« En tant que travailleurs, nous ne pouvons laisser de côté notre identité quand nous nous rendons au travail. Nous y allons avec ‘notre authenticité propre’, et cette ‘authenticité’ doit être acceptée et respectée sur notre lieu de travail », a conclu M. Ryder.

Le droit à la santé pour les LGBTI

De son côté, l’agence onusienne ONUSIDA a rappelé à l’occasion de cette Journée que « chacun a droit à la santé, peu importe son sexe ou son orientation sexuelle ».

« La stigmatisation, la discrimination et la violence sociale et physique contre les minorités sexuelles et de genre les empêchent d'accéder aux services de santé », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

Selon ONUSIDA, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les femmes transgenres font partie des communautés les plus touchées par le VIH dans le monde.

Plus de 40% des pays criminalisent les relations homosexuelles, enfermant les gays et les lesbiennes dans la clandestinité et bloquant l'accès aux services sociaux et de santé, ce qui rend les personnes LGBTI vulnérables à la pauvreté et à l'itinérance.

Selon l’ONUSIDA, pour mettre fin au sida, il est essentiel de veiller à ce que les personnes puissent accéder aux technologies de prévention du VIH sans discrimination - y compris les préservatifs, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) et un traitement et des soins de qualité.

 

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