Syrie : un haut responsable de l’ONU s’inquiète de la situation humanitaire dans la région d’Idlib

3 mai 2018

Au terme d’une réunion ce jeudi matin du Groupe de travail sur l’accès humanitaire en Syrie, un haut responsable des Nations Unies a prévenu que la province d’Idlib était dorénavant pour les organisations humanitaires la première de leurs préoccupations.

Le Conseiller spécial de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Jan Egeland, a ainsi mis en garde contre une catastrophe humanitaire imminente dans cette province frontalière de la Turquie, où vivent plus de 2,5 millions de personnes, dont une moitié de déplacés.

Après Alep, Raqqa ou la Ghouta orientale, une offensive sur Idlib serait « bien plus importante » en raison de la dimension de la population, constituée déjà de nombreux déplacés. « Il y a six fois plus de civils à Idlib et ils sont encore plus vulnérables. Ils vivent à l’air libre, ils vivent dans des camps de déplacés surpeuplés ou sont entassés dans des centres collectifs. Donc nous ne pouvons pas avoir de guerre à Idlib », a mis en garde Jan Egeland lors d’un point de presse ce jeudi au Palais des Nations à Genève.

Il s’est également préoccupé du sort des civils vivant à Yarmouk qui abrite le plus grand camp de réfugiés palestiniens de Syrie et à celui des 40.000 personnes vivant dans des camps de déplacés près de la Ghouta orientale - où vivaient auparavant 390.000 personnes -, du fait des restrictions à la liberté de mouvement pour les civils, en particulier des hommes.

Faisant le point sur les problèmes d’accès des organisations humanitaires, le conseiller de l’Envoyé spécial Staffan de Mistura a rappelé qu’il y a un an il y avait presque 4,6 millions de personnes dans les zones difficiles d’accès et 625.000 vivant dans les villes assiégées. Aujourd’hui, ils sont deux millions à vivre dans les localités difficiles d’accès et 11.000 vivant dans les villes assiégées. Yarmouk cerné par Damas fait partie des trois localités encore assiégées en Syrie avec al-Foua et Kefraya encerclées par les groupes rebelles d’Idlib.

Reste que pour l’ONU, cette forte diminution est due à des « événements militaires » ou à la suite « d’accord militaire ». « Au regret de le dire, ce ne sont pas le résultat d’une levée de siège ou parce que le conflit s’achève à la suite d’un dénouement de négociations interminables », a souligné Jan Egeland. Selon ce responsable onusien, c’est une bonne chose que les civils ne soient pas dans les villes assiégées. Mais quand ces évacuations et ces accords arrivent à la suite d’âpres combats violents dans des zones très densément peuplées ou « après des ententes conclues avec de petits groupes armés et des politiciens », trop souvent, les préoccupations humanitaires et les problèmes de protection ne sont pas tenues en compte. L’ONU, qui précise qu’elle n’est partie prenante dans ces accords d’évacuation, plaide toutefois sur la pérennité d’accord sur la protection des civils syriens.

Par ailleurs, Jan Egeland a défendu le processus coordonné par l’ONU sur le système de désescalade qui offre une protection aux sites humanitaires dont la localisation est communiquée aux belligérants. Plus de 660 sites ont maintenant demandé à l’ONU de transmettre leurs coordonnées aux États membres impliqués dans les combats, a-t-il dit. Et plus de 500 de ces demandes sont arrivées cette année seulement.

 

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