Syrie : l’ONU juge nécessaire d’accroître la réponse humanitaire

17 avril 2018

Le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a fait le point mardi sur la situation humanitaire en Syrie devant le Conseil de sécurité et a insisté sur la nécessité d’accroître l’assistance fournie à la population syrienne dans le besoin.

« Alors que la conférence qui se tiendra à Bruxelles les 24 et 25 avril approche, nous avons une occasion immédiate de faire des progrès pour atténuer les souffrances en finançant pleinement les opérations humanitaires. Avec un appel de fonds actuellement financé à moins de 15%, je ne saurais trop insister sur l'importance de soutenir et d'intensifier la réponse internationale », a dit M. Lowcock dans un exposé devant les membres du Conseil.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU a fait le point sur la situation humanitaire à Raqqa et Rukban, ainsi que dans la Ghouta orientale, à Idlib et à Afrin.

Le 1er avril, les Nations Unies ont entrepris une mission d'évaluation à Raqqa. Depuis que le groupe terroriste Daech a été chassé de cette ville du nord-est de la Syrie en octobre, près de 100.000 personnes sont revenues à Raqqa. 

« Les conditions ne sont pas propices aux retours, en raison des niveaux élevés de munitions non explosées et de contamination par des engins explosifs improvisés, des dommages importants causés aux infrastructures et du manque de services de base », a souligné M. Lowcock.

Près de 95% des ménages qui sont revenus à Raqqa souffrent d'insécurité alimentaire. Les services de santé manquent ou sont sévèrement limités. Certaines écoles ont rouvert, mais elles manquent de matériel scolaire et d'autres fournitures. 

Après l'évaluation du 1er avril, les agences des Nations Unies prévoient des livraisons d'aide humanitaire, a précisé M. Lowcock, qui est le Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies.

A Rukban, quelque 50.000 personnes continuent d'avoir besoin d'une aide humanitaire, a-t-il indiqué. L'eau et les soins de santé de base sont fournis depuis la Jordanie, mais il existe un besoin urgent de meilleurs services et, dans certains cas, des cas médicaux doivent être traités ailleurs.

La ville de Douma et d'autres endroits de la Ghouta orientale, une région dans la périphérie de la capitale Damas, sont maintenant sous le contrôle du gouvernement syrien. « Après des années de privation et de siège, ceux qui restent dans cette zone continuent d’avoir besoin d'une aide d'urgence que nous, en tant que communauté humanitaire, n'avons pas encore pu fournir. L'accès pour atteindre les gens dans la Ghouta orientale est indispensable », a déclaré Mark Lowcock.

« L'ONU et ses partenaires répondent aux besoins humanitaires croissants des 155.000 personnes déplacées de la Ghouta orientale avec de la nourriture, des abris, des services de santé et de protection. Cependant, la situation est précaire aussi bien pour ceux qui se trouvent dans des sites surpeuplés de personnes déplacées autour de la Ghouta orientale que pour ceux qui sont partis en bus vers les gouvernorats d'Idlib et d'Alep », a-t-il ajouté.

Quant à Afrin, dans le nord de la Syrie, les personnes qui y sont toujours et les 137.000 personnes déplacées vers la zone de Tel Refaat contrôlée par le gouvernement et les zones environnantes, elles ont également un besoin urgent d'aide humanitaire et doivent bénéficier de la liberté de mouvement, a dit M. Lowcock.
 

 

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