Au Myanmar, la protection des plus vulnérables doit être au cœur de la réponse humanitaire - ONU

17 avril 2018

De retour d’une mission au Myanmar, la cheffe adjointe de l’humanitaire de l’ONU a appelé la communauté internationale à faire davantage pour les personnes dans le besoin dans ce pays.

L’ONU et ses partenaires ont besoin de 183 millions de dollars pour répondre aux besoins de 832.000 personnes dans les États de Rakhine, Kachin, Shan et Kayin, au Myanmar.

« La protection des personnes les plus vulnérables au Myanmar doit être au cœur de la réponse humanitaire de la communauté internationale, des organisations d'aide nationales et du gouvernement », a déclaré Ursula Mueller, la Sous-Secrétaire générale de l’ONU aux affaires humanitaires, lors d’une conférence de presse à New York.

« Partout où les gens se trouvent dans le pays et indépendamment de leur appartenance ethnique, de leur religion et de leur citoyenneté, nous devons travailler ensemble pour veiller à ce que personne de vulnérable ne soit privé d'un accès sûr et durable à la protection et à l'assistance humanitaire », a souligné la numéro deux d’OCHA. « Personne au Myanmar ne devrait être laissé pour compte ».

Lors de sa mission de six jours au Myanmar, Mme Mueller s’est entretenue avec la Conseillère d'Etat Daw Aung San Suu Kyi. « Nous sommes tous deux d'accord sur l'importance de renforcer les capacités nationales et de s'appuyer sur les efforts de l'ONU pour renforcer le lien entre les efforts humanitaires, de développement et de consolidation de la paix », a indiqué celle qui occupe également les fonctions de Coordinatrice adjointe des secours d’urgence de l’ONU.

Une crise humanitaire qui affecte aussi bien le Myanmar que le Bangladesh

Mme Mueller a souligné que la crise humanitaire est présente des deux côtés de la frontière entre le Bangladesh et le Myanmar et affecte le plus grand groupe d'apatrides au monde.

« La tragédie qui se déroule dans les camps de réfugiés de Cox's Bazar a justement attiré l'attention du monde, mais nous ne pouvons pas oublier la détresse de plus de 400.000 musulmans vivant encore dans l'État de Rakhine qui continuent de vivre dans la misère et la marginalisation en raison des restrictions concernant leurs déplacements ». Des restrictions qui selon Mme Mueller compromettent gravement les droits des Mulsulmans et entravent leur accès à la santé, aux moyens de subsistance, à la protection, à l'éducation et à d'autres services essentiels.

La Sous-Secrétaire générale a rappelé que la Commission consultative sur l'État de Rakhine a fourni une feuille de route importante pour un avenir meilleur pour toutes les communautés de Rakhine, « mais ses recommandations doivent être mises en œuvre de manière holistique et impartiale, dans l'esprit où elles ont été rédigées ».

« La vie des communautés les plus pauvres et les plus vulnérables de l'État de Rakhine, qu'elles soient d'ethnie rakhine, musulmane ou d'autres groupes minoritaires, sera profondément transformée si chaque recommandation est réellement adressée et mise en œuvre », a dit Mme Mueller.

Lors de sa rencontre avec des responsables du gouvernement de l'État de Rakhine, la numéro deux d’OCHA a demandé que les restrictions de mouvement soient abandonnées et que des mesures pratiques soient prises pour permettre aux travailleurs humanitaires d'avoir accès à toutes les personnes ayant besoin d'aide et de protection.

Les autres régions du Myanmar ne sont pas épargnées

Au Myanmar, l'accès humanitaire s'est considérablement détérioré au cours de l'année écoulée, non seulement à Rakhine, mais aussi dans les États du Kachin et du Shan.

« Lorsque vous coupez cette bouée de secours humanitaire, il y a un impact humain très réel », a prevenu Mme Mueller qui a été autorisée à se rendre dans le nord de Rakhine et dans certains camps de l'État de Kachin, « mais ce qui importe le plus, c'est que les personnes touchées par la violence et les restrictions dans ces zones aient accès à l'aide et aux services dont elles ont désespérément besoin ».

Depuis le début de l'année, au moins 10.000 personnes ont été déplacées par les combats entre l’armée du Myanmar et des groupes ethniques armés dans les États de Kachin et de Shan, tandis qu'environ 100.000 personnes restent déplacées suite au conflit entre l'armée du Myanmar et l'Armée de l'indépendance de Kachin qui a redémarré en 2011.

« Le conflit à Kachin est l'un des plus longs du monde, mais c'est une crise humanitaire oubliée », a rappelé la Coordinatrice adjointe des secours d’urgence, qui a appelé toutes les parties à assurer la protection de tous les civils, « où qu'ils se trouvent, conformément au droit international ».

 

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