Des experts onusiens condamnent les meurtres de Palestiniens près de la barrière de Gaza par les forces de sécurité israéliennes

17 avril 2018

Six experts des droits de l’homme des Nations Unies se sont déclarés mardi « gravement préoccupés » par l'usage de la force par les forces de sécurité israéliennes lors des manifestations palestiniennes le long de la barrière de Gaza.

Dans un communiqué, ils ont notamment condamné l’usage d’armes à feu avec des balles en caoutchouc qui ont à ce jour tué au moins 28 Palestiniens non-armés, dont trois enfants et un journaliste, et blessé 1.600 autres.

Les experts s’inquiètent notamment de la continuation de ces violences malgré l'engagement d'Israël à enquêter sur les événements des dernières semaines.

Selon eux, ces tirs auraient pu aboutir à des exécutions illégales. 

Les experts ont réitéré l'obligation d'Israël de respecter le droit international, selon lequel les forces de sécurité ne peuvent recourir à la force meurtrière qu'en cas de menace imminente à la vie ou de blessure grave.  

Aussi, s’appuyant sur la déclaration de la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, les experts ont souligné que le recours à la force meurtrière contre des manifestants pouvait constituer des crimes au regard du Statut de Rome. 

Pour rappel ces manifestations ont débuté le 30 mars et doivent se poursuivre jusqu'au 15 mai. Les manifestants protestent contre  les expulsions et les déplacements forcés des Palestiniens depuis 1948, et appellent également à la fin du blocus de Gaza en place depuis 11 ans.

Les six experts auteurs de cette déclaration conjointe sont Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; Leilani Farha, Rapporteure spéciale sur le droit à un logement convenable; Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme; Idriss Jazairy, Rapporteur spécial sur l'impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l'homme; Michael Lynk, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967; et, Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion et d'association.