Le nombre de réfugiés et migrants arrivant en Europe a diminué mais les dangers ont parfois augmenté (HCR)

11 avril 2018

Malgré une baisse du nombre des arrivées de réfugiés et de migrants en Europe, les dangers auxquels ils sont confrontés ont parfois augmenté, selon un nouveau rapport publié mercredi par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

L’agence onusienne constate qu’avec 119.369 arrivées l’an dernier, le nombre de traversées depuis la Libye vers l’Italie a diminué, suivant les mêmes tendances observées depuis l’été 2017. Cette baisse s’est poursuivie au premier trimestre de cette année, avec une baisse de 74% par rapport à l’année dernière, soit 6295 arrivées. Mais ce voyage vers l’Italie s’est avéré de plus en plus périlleux, le taux de mortalité parmi les personnes arrivant de Libye est passé à 1 pour 14 personnes dans les trois premiers mois de 2018, contre 1 pour 29 personnes dans la même période en 2017.

Néanmoins le rapport du HCR constate également une augmentation des arrivées en Espagne et en Grèce à la fin de 2017. En 2017, l’Espagne a connu une augmentation de 101% par rapport à 2016, avec plus de 28.000 nouveaux arrivants. Les premiers mois de 2018 montrent une tendance similaire, avec une augmentation des arrivées de 13% par rapport à l’année dernière. Selon le HCR, Madrid reste la destination favorite des Marocains et les Algériens même si les Syriens restent le contingent le plus important à traverser les frontières terrestres de l’Espagne.

En Grèce, la tendance reste toujours à la baisse par rapport à 2016, même si une hausse de 33% a été observée entre mai et décembre derniers avec 24.600 arrivées contre 18.300 à la même période en 2016. Ces réfugiés sont originaires de Syrie, d’Iraq et d’Afghanistan, notamment un grand nombre de familles avec enfants. « Les demandeurs d’asile arrivant par bateau en Grèce ont dû faire face à des séjours prolongés dans des conditions de surpeuplement et de désolation sur les îles grecques », a indiqué le HCR.

Sur la route des Balkans, de nombreux réfugiés et migrants ont eu recours à des itinéraires alternatifs pour traverser l’Europe raison des restrictions observées en Hongrie, indique le rapport. Par exemple, certains vont de la Serbie à la Roumanie tandis que d’autres partent de Grèce via l’Albanie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine pour tenter d’atteindre la Croatie. « Les réfugiés et les migrants font face à des risques majeurs lors de leurs voyages vers et à travers l’Europe », a déclaré Pascale Moreau, la Directrice du bureau du HCR pour l’Europe.

Plus de 3.100 migrants morts ou disparus en Méditerranée en 2017

Par ailleurs, de nombreux migrants périssent avant même de rejoindre l’Europe. Plus de 3.100 personnes auraient perdu la vie en mer l’année dernière alors qu’elles se rendaient en Europe contre 5.100 en 2016. Selon le HCR, au moins 501 autres personnes sont déjà mortes ou portées disparues depuis le début de cette année. Outre les décès en mer, au moins 75 autres auraient péri le long des routes terrestres aux frontières extérieures de l’Europe ou lors de voyages en Europe en 2017, avec des rapports persistants et inquiétants de refoulements.

Outre le bilan macabre des décès, le HCR note également que les réfugiés et les migrants sont victimes d’abus et d’extorsion de fonds de la part des trafiquants, des passeurs ou des groupes armés le long des diverses routes menant à l’Europe. Le rapport souligne à cet égard la situation difficile de nombreuses femmes et jeunes filles victimes de traite d’êtres humains et des plus de 17.000 enfants non accompagnés ou séparés qui sont arrivés en Europe depuis le début de l’année. La plupart de ces enfants sont arrivés par mer en Italie, où 13% des arrivées étaient des enfants voyageant seuls, une tendance similaire à celle de 2016.

Toutefois, le rapport fait état de progrès encourageants sur les réinstallations en Europe l’année dernière, avec une augmentation de 54% par rapport à 2016. La plupart de ces 26.400 exilés étaient syriens (84%) qui s’étaient réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie avant d’être réinstallé au Royaume-Uni, en Suède et en Allemagne. En outre, le HCR a commencé à faciliter l’évacuation des réfugiés vulnérables de la Libye vers le Niger et de la Libye vers l’Italie. Mais l’Agence onusienne continue d’appeler à un meilleur accès à des voies sûres et légales vers l’Europe, telles que la réinstallation et le regroupement familial.

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