Le Conseil de sécurité discute de l’affaire de Salisbury

5 avril 2018

Les membres du Conseil de sécurité ont discuté jeudi de l’attaque contre deux ressortissants russes vivant à Salisbury au Royaume-Uni, Serguei Skripal et sa fille Yulia, avec un agent neurotoxique.

Le Représentant de la Russie, qui avait demandé cette réunion, a rappelé que le Conseil de sécurité avait organisé, le 14 mars, une séance d’information sur la base « d’accusations odieuses et absolument pas prouvées » sur cette attaque.

Faisant observer qu’il n’y avait pas eu depuis lors de nouvelle séance d’information sur le sujet, il a expliqué que la Russie souhaitait « informer en détail » le Conseil de sécurité. Il a estimé que toute l’affaire souffrait d’un « manque de réflexion » de la part des autorités politiques britanniques qu’il a accusées d’avoir fait le choix de « déclarations sensationnelles ».

La Représentante du Royaume-Uni a déclaré pour sa part qu’elle ne souhaitait pas cette réunion mais s’est dit heureuse de faire la lumière sur l’attaque de Salisbury. La déléguée a répété la « très probable responsabilité » de la Russie par le fait que ce pays a produit l’agent neurotoxique incriminé le ‘Novitchok’.

La Représentante des Etats-Unis a déclaré voir dans la séance de ce jeudi une tentative de la Russie « d’utiliser le Conseil de sécurité à des fins politiques et de semer le doute » sur ce qui s’est passé à Salisbury. Elle a réaffirmé l’appui « infaillible » et la solidarité « totale » des Etats-Unis au Royaume-Uni.

Le Représentant de la Chine a dit suivre de très près l’affaire de Salisbury et a rappelé que pour son pays, toute utilisation d’arme chimique est « inacceptable » et tout auteur d’une attaque doit être poursuivi. La Chine réclame une enquête « impartiale et objective » afin de tirer des « conclusions irréfutables ».

Le Représentant de la France a estimé pour sa part que les faits étaient choquants, graves et inacceptables. Il a renouvelé le soutien plein et entier et sa totale de solidarité au Royaume-Uni.

Mercredi, le Directeur général de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Ahmet Üzümcü, avait indiqué que les résultats des tests d'échantillons prélevés sur Serguei Skripal et sa fille Yulia devraient être reçus au début de la semaine prochaine.

« Une fois les résultats des analyses des échantillons reçus, le Secrétariat produira un rapport sur la base de ces résultats et transmettra une copie de ce rapport au Royaume-Uni », a dit M. Üzümcü devant le Conseil exécutif de l'Organisation.

Serguei Skripal et sa fille Yulia ont été hospitalisés depuis qu'ils ont été retrouvés sur un banc public dans la ville de Salisbury début mars, après avoir été exposés à un produit chimique toxique.

Au lendemain de l'incident, le Royaume-Uni a déclaré qu'il était « hautement probable » que la Russie soit derrière l'incident en utilisant un agent neurotoxique mortel.