Haïti : la Mission de l’ONU pleinement opérationnelle

3 avril 2018

S’exprimant devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a affirmé mardi matin que la Mission de l’ONU, la MINUJUSTH, est pleinement opérationnelle et met en œuvre son mandat.

Devant les Quinze, Jean-Pierre Lacroix a expliqué le mode de déploiement de la Mission dotée d’une composante civile concentrée dans la capitale, Port-au-Prince, et d’unités mobiles pluridisciplinaires pour suivre l’évolution politique et de l’Etat de droit et discuter avec les communautés et autres acteurs dans l’ensemble des dix départements. Ce mode opératoire est conforme à l’esprit de la Mission, qui est lié à l’empreinte légère et non intrusive de la Mission, a-t-il ajouté.

Le patron des opérations de maintien de la paix, qui s’est rendu sur place le 14 et le 15 mars, a expliqué que la Mission a placé 135 officiers de police auprès de la Police nationale haïtienne (PNH) dans les dix départements et 23 membres des services pénitentiaires dans 9 des 18 prisons que compte le pays.

Par ailleurs, la Mission travaille en coopération étroite avec les 19 agences et programmes des Nations Unies présents dans le pays, ainsi qu’avec le Bureau de l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Josette Sheeran, afin de réaliser son mandat tout en assurant une transition douce vers un développement inclusif et durable, grâce à une approche cohérente, globale et intégrée conforme aux réformes en cours et à la vision du Secrétaire général en matière de prévention, a plaidé M. Lacroix.

Consolider les acquis

Selon le Secrétaire général adjoint, l’objectif principal de la MINUJUSTH est de s’appuyer sur les réalisations de la précédente Mission de l’ONU déployée jusqu’en 2017, la MINUSTAH, et de consolider la stabilité et la sécurité dans le pays, pour faciliter son développement à long terme, ce qui suppose des fondements plus solides en matière d’Etat de droit et de respect des droits de l'homme.

Pour être efficace, une opération de maintien de la paix comme la MINUJUSTH doit entretenir une « relation saine » avec le gouvernement et la population, fondée sur la solidarité et la confiance mutuelle, a fait observer M. Lacroix, qui s’est dit encouragé par les efforts du Président Moïse pour créer un climat de changement et améliorer la vie quotidienne de la population, y compris par l’initiative de la « Caravane pour le changement ».

Selon le patron des Casques bleus, il existe une occasion unique pour la MINUJUSTH, l’Équipe de pays, la communauté internationale et le gouvernement haïtien de travailler ensemble à la mise en œuvre des priorités communes indiquées dans la résolution 2350 (2017). Jean-Pierre Lacroix a rappelé que, malgré les progrès, le pays devait encore surmonter de nombreux défis et risques dans le cadre de la transition du maintien de la paix vers le développement. Il a mentionné en particulier les incertitudes économiques persistantes et l’exclusion sociale qui en résulte, notamment pour les jeunes et les plus vulnérables. 

Le vote unanime du Conseil qui a créé la MINUJUSTH il y a un an le 13 avril a été un « vote de confiance en Haïti, de reconnaissance des progrès réalisés par ce pays », a encore affirmé M. Lacroix. Pour le Secrétaire général adjoint, il y a tout lieu de penser que ce progrès est irréversible. Nous devons tous investir dans ce succès, a-t-il insisté. Il a conclu en rappelant qu’en annonçant la semaine dernière son initiative « Action pour le maintien de la paix », le Secrétaire général avait présenté comme un facteur critique le soutien du Conseil de sécurité à ses opérations de maintien de la paix et, dans le cas présent, au succès de la MINUJUSTH et d’Haïti. 

 

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