Bangladesh : l'OMS appelle à financer l’assistance sanitaire aux réfugiés rohingyas

29 mars 2018

Alors que les organisations humanitaires au Bangladesh s’efforcent de venir en aide à plus d'un million de réfugiés rohingyas dans des camps de fortune, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé jeudi à une mobilisation internationale pour financer les besoins dans le domaine de la santé.

« C'est l'une des plus grandes crises humanitaires actuellement », a déclaré le Dr Poonam Khetrapal Singh, Directrice régionale de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est, lors d'une réunion de partenaires à Dhaka, capitale du Bangladesh.

« Aucune agence ou même le gouvernement du Bangladesh ne peut seul répondre aux énormes besoins de santé d'un groupe aussi important », a-t-elle déclaré.

La population rohingya s'est installée dans une zone sujette aux cyclones et sur des terrains qui vont être inondés dès que les pluies auront commencé. « Le risque de propagation de maladies à transmission hydrique et vectorielle potentiellement mortelles est énorme dans de telles conditions », a-t-elle expliqué.

Depuis août 2017, près de 700.000 Rohingyas ont fui la violence au Myanmar, de l'autre côté de la frontière, vers le district de Cox's Bazar au Bangladesh, rejoignant plusieurs centaines de milliers d'autres qui étaient déjà installés dans des camps surpeuplés.

Coordonnant le travail de plus de 100 partenaires sur le terrain, avec le Ministère de la Santé du Bangladesh, l'OMS a facilité un plan d'urgence pour la saison des pluies.

Afin de minimiser le risque de maladies et de décès, le plan vise à maintenir les services de santé pendant les pluies et les inondations. De plus, les 207 établissements de santé de la zone ont été évalués en termes de vulnérabilité pendant les pluies, et 25% d'entre eux devraient être relocalisés.

Depuis le début de la crise des Rohingyas, 900.000 doses de vaccin anticholérique ont été administrées aux réfugiés et à leurs communautés d'accueil, en plus de deux campagnes de vaccination contre la rougeole et trois contre la diphtérie, conclues plus tôt cette semaine avec le soutien de l'OMS.

« Cependant, une grande partie de la capacité du secteur de la santé dépend de la disponibilité de ressources », a averti Dr Khetrapal Singh.

La population continuera aussi d’avoir besoin de services pour la santé reproductive, maternelle et infantile, les maladies transmissibles et non transmissibles, ainsi que d'un soutien psychosocial, a ajouté la Directrice régionale de l'OMS.

L'OMS a lancé un appel de fonds auprès des partenaires de 16,5 millions de dollars en 2018, dans le cadre des 113,1 millions de dollars demandés par tous les partenaires de la santé dans le cadre du plan d'intervention conjoint pour la crise des rohingyas.

 

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