A Paris, l’ONU rappelle que la prévention est le meilleur outil face aux nombreux défis humanitaires

22 mars 2018

A la 4e Conférence nationale humanitaire organisée par le gouvernement français à Paris, les Nations Unies ont appelé à mettre davantage l’accent sur la prévention et à financer l’aide humanitaire requise.

« En 2018, le nombre de personnes qui nécessitent protection et aide humanitaire s’élèvent à plus de 135 millions », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message vidéo diffusé à l’ouverture de la conférence. « La communauté internationale a besoin de 29,5 milliards de dollars pour leur venir en aide », a-t-il ajouté.

Alors que les besoins humanitaires ont atteint des niveaux sans précédents et que les conflits et les catastrophes naturelles causent d’énormes souffrances, M. Guterres a souligné que « trouver la bonne formule pour l’action humanitaire n’a jamais revêtu une aussi grande importance ».

Représentant l’ONU à la conférence, la Sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ursula Mueller a rappelé que « la meilleure façon de faire face aux crises humanitaires est de s'attaquer à leurs causes profondes » soulignant que « la prévention est le meilleur investissement dans l'humanité ».

« Cela nécessite le plus haut niveau de leadership politique mondial pour prévenir et résoudre les conflits et accroître les investissements dans les communautés et les pays les plus vulnérables », a dit Mme Mueller qui a appelé à un « changement dans notre façon de travailler » dans un contexte de multiplication des défis humanitaires et de limitation des ressources financières.

« Cela implique également de donner la priorité à l'alerte précoce et à l'action précoce pour prévenir les conflits violents en soutenant le dialogue et en veillant à ce que la médiation, la réponse aux crises et le soutien à la consolidation de la paix des Nations Unies soient facilement et rapidement déployables », a-t-elle ajouté.

Renforcer la résilience aux chocs économiques

Celle qui est également Coordinatrice adjointe des secours d’urgence de l’ONU a rappelé que la prévention consiste également à renforcer la résilience aux chocs économiques et financiers externes en aidant les pays les moins développés et les plus vulnérables.

« Lorsque le contexte le permet, nous devons répondre aux besoins humanitaires immédiats tout en mettant en œuvre des solutions à plus long terme pour renforcer la résilience si nous voulons mettre fin aux besoins », a dit Mme Mueller. « Nous ne pouvons pas attendre que les crises humanitaires se résorbent pour entreprendre des activités de planification et de mise en œuvre qui favorisent des solutions à long terme ».

Pour elle, la résilience, y compris la capacité des gens à rebondir rapidement et à reconstruire leur vie à la suite de situations d'urgence et de catastrophes, est un dividende du développement.

Mme Mueller a également plaidé en faveur d’une approche prenant davantage en compte les questions de genre dans le travail humanitaire. « Tenir compte des différents besoins des femmes, des filles, des garçons et des hommes, est essentiel pour aborder les implications à plus long terme de la programmation pour la transition vers le développement », a-t-elle dit.

La responsable onusienne a également souligné la nécessité de nouveaux partenariats innovants pour apporter des capacités et des ressources supplémentaires aux Etats touchés par les crises humanitaires, notamment en fournissant des plateformes pour la coopération Sud-Sud, en impliquant le secteur privé et en facilitant l'utilisation de méthodes et technologies innovantes.

« Un financement plus prévisible, plus flexible et à plus long terme, y compris un financement accru non ciblé, améliorera l'efficacité », a souligné Mme Mueller.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.